Journal de marche

de la 34e escadre de bombardement moyen


 

 

 

 

Historique et journal de marche

de la 34e escadre aérienne de bombardement moyen

(groupes 2/52, 2/63, 1/32)

au cours de la campagne 1944 – 1945

(1er juillet 1944 – 30 mai 1945)

 

 

Mois d'août 1944 3

Mois de septembre 1944 6

Mois d'octobre 1944 15

Mois de novembre 1944 17

Mois de décembre 1944 21

Mois de janvier 1945 26

Mois de février 1945 33

Mois de mars 1945 43

Mois d'avril 1945 49

Mois de mai 1945 64

Citation obtenue par la 34e escadre de bombardement 70

Allocution du colonel BONET 71

Messages de félicitations 75

 


 

avant-propos

 

Le plan de réorganisation du bombardement moyen prévoyait, dès septembre 1943, la mise sur pied de 6 squadrons de B 26 Marauder formant deux escadres.

La 31e escadre était formée la première en avril 1944. À cette date les squadrons FRANCHE-COMTÉ – 2/52 –, SÉNÉGAL – 2/63 –, BOURGOGNE – 1/32 –, commençaient leur entraînement. Ces trois squadrons étaient destinés à former la deuxième escadre. Celle-ci fut créée par la note 4039/3 o/EMGA du 1er juillet 1944 et s'appela 34e escadre. La mise sur pied devait se faire à Oran.

 

Journal de marche

 

16 juillet 1944

ORAN :         Le commandant LAGER, les capitaines BOULANGER et ROZES sont à Oran le 16 juillet. C'est à cette date qu'est signé le procès-verbal de mise sur pied. Pendant les trois premières semaines, du personnel affecté rejoint ORAN et le colonel commandant l'escadre est désigné : c'est le colonel BOUVARD.

Mois d'août 1944

5 au 19 août 1944

VILLACIDRO :   Le commandant LAGER, les capitaines JULIEN et ROZES quittent l'Afrique du Nord pour aller planter la première tente de l'escadre en Sardaigne à VILLACIDRO. Le colonel arrive deux jours plus tard et l'installation commence. C'est le capitaine JULIEN, des 200 familles, qui est nommé grand chef des travaux. Ceux-ci sont laborieux car il n'y a ni matériel, ni personnel. Il faut s'armer de patience. Petit à petit le matériel arrive. Quelques DC3 amènent des jeeps, des tentes, quelques hommes. Des B 26 font des liaisons à ORAN où est resté le capitaine BOULANGER qui centralise matériel et personnel. Dès le début d'août, le commandant LAGER est muté au 2/52 comme commandant en second, mais il ne rejoint pas tout de suite. Le personnel de l'escadre qui n'a pas beaucoup de travail pour le moment en profite pour faire quelques missions.

               Le 18 août a lieu la première attaque de TOULON. Le 19 le colonel BOUVARD prend place à bord de l'avion du capitaine LANIER LACHAISE commandant d'escadrille du 2/52 qui a pour deuxième pilote le commandant LAGER. L'avion est descendu au-dessus de TOULON, mais les sept occupants sautent en parachute. Tout le monde est plein d'espoir pour leur vie mais non pour leur liberté car la côte est encore aux mains des Boches et peut-être ne pourront-ils pas échapper facilement.

20 août 1944

VILLACIDRO :   Le personnel composant l'escadre à cette date est le suivant :

-           lieutenant-colonel BOUVARD

-           lieutenant-colonel CHASSANDE-PATRON

-           commandant ROUGET

-           commandant DE LA CHENELIÈRE

-           capitaine JULIEN

-           capitaine FOUQUES DUPARC

-           capitaine ROZES

-           sous-lieutenant BLOC'H

-           aspirant MONTAGNET

-           aspirant GLASS

-           sergent BARTOLI

-           sergent LEBLOND

-           sergent POUGET

-           sergent ROUVIERE

-           sergent PERROD

-           sergent-chef BAYARD

-           sergent-chef SÉGURA

-           caporal-chef LEBAR

-           caporal-chef GILLET

-           caporal LEROC'H

-           caporal BARDOU

-           soldat PAPAIX

-           soldat DIEHLMANN

-           soldat FERRANDI

-           soldat BOS

-           soldat LÉVY

-           soldat ZARAGOZA

-           soldat FEMENIA

-           soldat ALRICH

-           soldat LEBEL

               L'escadre dispose d'une baraque américaine dans laquelle s'installent S2 et S3, de deux "huts" en tôle et d'une quinzaine de tentes. L'installation est assez quelconque et nous sommes trop certains de n'être ici que pour trois semaines pour nous installer princièrement.

               À 15 heures, le commandant DE LA CHENELIÈRE et le capitaine ROZES décollent avec un B 26 pour Naples. Ils vont chercher des machines à écrire, engins paraît-il indispensables à la bonne marche d'une escadre.

21 août 1944

VILLACIDRO :   Jusqu'ici l'escadre a fonctionné seule. Le papier qui rattache les squadrons 2/52, 2/63, 1/32 à l'escadre est parait-il signé.

22 août 1944

VILLACIDRO :   Rien à signaler.

23 août 1944

VILLACIDRO :   Retour du commandant DE LA CHENELIÈRE et du capitaine ROZES. Ils ont quand même 12 machines à écrire.

24 août 1944

VILLACIDRO :   Le capitaine BOULANGER arrive d'ORAN avec un peu de matériel et du personnel :

-           aspirant KREISS

-           sergent GAZEAU

-           sergent-chef LOYASSE

-           caporal ABAZ.

25 août 1944

VILLACIDRO :   Un accident stupide arrive le matin. Les soldats ALRICH et LEBEL sont grièvement blessés par un détonateur qui traînait dans le camp. Ils en ont pour un mois d'hôpital au moins.

26 août 1944

VILLACIDRO :   Petit branle-bas. Le 2/63 arrive à 13 heures 30. Ils sont encore jeunes dans le vol de groupe, mais dans 15 jours ils seront déjà des anciens. 17 avions arrivent, le commandant MICHAUD en tête. À 19 heures arrivent également trois avions du 1/32 qui viennent commencer l'installation.

27 août 1944

VILLACIDRO :   Nouvelle sensationnelle : le général RIGNOT qui est allé en France ramène le colonel BOUVARD. Tout l'équipage est paraît-il intact. La joie se lit sur tous les visages. Si on avait de quoi on pavoiserait. À 19 heures, le colonel BOUVARD arrive. Une prise d'armes a lieu, le 2/52 et le 2/63 sont au nombre. Le 1/32 est représenté par Ses trois équipages. Le colonel CHASSANDE exprime la joie de tous du retour du colonel BOUVARD. Les sous-officiers de l'escadre ont préparé un pot sous la deuxième "hut" qui est justement terminée. Le soir, le colonel BOUVARD nous raconte sa grande aventure et comment il a pris l'un des forts les plus importants de Toulon.

28 août 1944

VILLACIDRO :   Départ du colonel BOUVARD pour ALGER avec le général RIGNOT. Arrivée du commandant CHEMIDLIN.

29 août 1944

VILLACIDRO :   Rien à signaler.

30 août 1944

VILLACIDRO :   Le colonel BOUVARD et le commandant LAGER rentrent d'ALGER. Les autres membres de l'équipage reviennent de SAINT-RAPHAËL. Ils sont tous dans une forme magnifique. Le général WEBSTER leur a demandé d'atterrir à ELMAS pour se faire photographier avec eux.

31 août 1944

VILLACIDRO :   Rien à signaler.

Mois de septembre 1944

1er septembre 1944

VILLACIDRO :   Le commandant DE LA CHENELIÈRE et le capitaine ROZES vont à BOUFARIK et ORAN sur le 023 avec le capitaine JULIEN.

2 septembre 1944

VILLACIDRO :   Le bruit circule d'un déplacement rapide à ISTRES. Les valises doivent être bouclées.

3 septembre 1944

VILLACIDRO :   Retour du 023 avec matériel et personnel. L'échelon roulant n'est pas encore parti et se morfond à ORAN.

4 septembre 1944

VILLACIDRO :   Les caisses continuent à être clouées. Le départ n'aura sans doute pas lieu cependant avant huit jours et le squadron SÉNÉGAL pourra être engagé avant le retour en France.

5 septembre 1944

VILLACIDRO :   Le commandant CHEMIDLIN part pour ALGER essayer de faire affecter par les Américains du matériel qui nous manque : Norden et appareils photo.

               La situation en personnel a changé. Elle est :

               Personnel arrivé depuis le 20 août :

-           Commandant CHEMIDLIN

-           Capitaine ZOCOLAT

-           Capitaine BOULANGER

-           Lieutenant GRAVIER

-           Aspirant MOREAU

-           Aspirant RIVIÈRE

-           Aspirant COLONNA

-           Aspirant CALMETTES

-           Sergent-chef HURON

-           Sergent-chef LOYASSE

-           Sergent-chef LHAICK

-           Sergent-chef TEULIÈRE

-           Sergent ANDRIEU

-           Sergent GAZEAU

-           Caporal ABAZ

-           Caporal CRUZ

-           Caporal REPETICCI

-           Soldat CROCHET.

               Personnel encore à ORAN :

-           Aspirant KREISS

-           Sergent-chef MEYJONNADE

-           Sergent-chef SERRANO

-           Sergent-chef EHRET

-           Sergent CANERIE

-           Caporal GUIOT

-           Soldat BRENNER

-           Soldat LEBEAU.

               Un papier d'Air-Supérieur donne l'escadre "operational" à partir du 1er septembre.

6 septembre 1944

VILLACIDRO :   Grande prise d'armes à DECIMOMANNU.

               Remise de la Croix de Guerre au drapeau du Wing et aux colonels :

-           HOLZAPPLE 319

-           FLETCHER  320

-           GDIBERT [GUIBERT ?] 17.

               Remise de la Distinguished Flying Cross à :

-           colonel BOUVARD

-           colonel GELÉE

-           capitaine LANIER LACHAIZE.

               Et l'Air Medal au

-           capitaine HEILBRONNER.

               Un grand défilé clôture cette cérémonie sur la moitié de la piste de DECIMO.

               Le soir arrive le premier Field Order. FOUQUES DUPARC qui est en charge de l'archivage ne se tient plus d'excitation. À peine le nom de l'objectif est-il sorti que le dossier est déjà formé. Le planning est sans histoire car c'est un objectif bien connu du FRANCHE-COMTÉ. On peut aller se coucher.

7 septembre 1944

VILLACIDRO :   La matinée se passe à tout préparer. À 11 heures l'ordre d'annuler la mission arrive. Le temps est très mauvais. Il y a un briefing à 2 heures. C'est, nous l'espérons tous, le dernier galop d'entraînement.

8 septembre 1944

VILLACIDRO :   Décidément nous n'avons pas de chance. Il a plu toute la nuit et le mauvais temps doit durer jusqu'à demain. Chacun profite du repas pour tout arranger au mieux.

9 septembre 1944

VILLACIDRO :   Aujourd'hui beau temps ici. Pour l'objectif la météo est moins optimiste. La mission est maintenue pour l'après-midi. Le premier briefing a lieu à 11 heures 30. Tout se passe bien. Le décollage est à 13 heures 10. À 16 heures 43 la voiture reçoit le message P.S.G. La mission est donc réussie. Nous apprenons à l'atterrissage que le 1er flight est un peu long mais le 2e en plein sur l'objectif.

10 septembre 1944

VILLACIDRO :   Hier mission à PONTECURONE – 18 avions – 1 flight FRANCHE-COMTÉ avec LANIER comme leader, 2 flights du SÉNÉGAL. Une bombe tombe assez près du pont ferré pour l'abîmer.

               La Red Cross, en la personne de Lucy SHIELDS, nous apporte des "nought nuts".

11 septembre 1944

VILLACIDRO :   En vue d'une attaque générale au nord de FLORENCE, tous les avions de la Sardaigne bombardent quelques champs où siègent les Boches : 2 flights en l'air, le colonel BADRÉ en tête. Tout se serait bien passé si la 31 [31e escadre], bien sûr, qui, suivant le 320 G bombardait un champ voisin, mais 20 minutes en avance, n'était venue semer l'émoi dans le flight de tête au point que Gégène (WATINES pour les générations futures) ne lâcha ses bombes à la grâce de Dieu et peut-être sur la gueule de Boches. Le flight SÉNÉGAL, gêné lui aussi, mit ses bombes dans une petite forêt très proche de l'objectif.

               À 18 heures prise d'armes devant le drapeau du SÉNÉGAL avec citation du Capitaine GUYNEMER.

12 septembre 1944

VILLACIDRO :   À 0 heure les ordres ne sont pas encore arrivés en entier, mais nous avons de l'espoir. C'est à peu près la mission de la veille.

               À 2 heures nous apprenons que nous bombardons dans les mêmes parages. Il y aura 180 B 26 sur l'objectif en deux heures.

               L'objectif n'est pas atteint, mais c'est un petit carré dessiné sur le sol. De toutes façons les Boches en ont reçu un bon nombre et tout compte fait peut-être n'étaient-ils pas dans le carré.

13 septembre 1944

VILLACIDRO :   Même mission. Objectif : des Boches dans un autre carré. Quelques nuages gênent la visée. On ne sait pas exactement si l'objectif est atteint.

14 septembre 1944

VILLACIDRO :   2 missions prévues : 36 avions en l'air. Même objectif que la veille.

               Le colonel CHASSANDE part en tête de l'expédition de 18 avions avec le commandant MICHAUD. Les résultats sont excellents. Malheureusement, malgré toutes les recommandations, un bombardier lâche ses bombes avant la Bomb Line et un autre l'imite. Cela nous promet des ennuis.

               La deuxième expédition ¼ d'heure plus tard, et menée par le colonel BOUVARD dans l'avion du commandant MESNARD, atteint l'objectif lui aussi.

15 septembre 1944

VILLACIDRO :   Pas de mission aujourd'hui, mais les difficultés pour la faute d'hier commencent et cela suffit pour nous occuper.

               Autres nouvelles. Les échelons roulants sont arrivés hier soir. Nous ne savons pas encore si l'on doit les faire venir ici.

               L'après-midi tout le monde arrive… Quelle chance ! Cela va nous éviter bien des ennuis.

16 septembre 1944

VILLACIDRO :   Pas de mission car les objectifs d'hier ont été ratés et il faut recommencer, mais c'est pour les autres.

               L'orage quotidien de quatre heures est moins fort qu'à l'ordinaire.

17 septembre 1944

VILLACIDRO :   Bel objectif cette fois-ci… Un dépôt d'essence à BOLOGNE. En raison de la DCA on attaque l'objectif par le nord et l'on revient par l'Adriatique. Malheureusement 7 à 8 % de nuages cachent l'objectif qui est cependant atteint par une dizaine de bombes.

               L'atterrissage à GALERA (ROME) se passe bien. Tout le monde rentre. Le commandant MICHAUD laisse son avion : une magnéto à changer.

18 septembre 1944

VILLACIDRO :   Objectif : un pont, LEGNANO au nord de BOLOGNE. On suit le même itinéraire que la veille. On casse le pont, mais l'on revient par le même chemin pour se poser à GHISONACCIA où le ravitaillement est plus facile. Quelques avions rentrent isolément et directement. Les autres arrivent éparpillés dans l'après-midi et tombent sur un violent orage. Le capitaine VOINIER du 1/32 va jusqu'à TUNIS.

19 septembre 1944

VILLACIDRO :   La mission est décommandée dès le matin, à juste titre d'ailleurs. À midi, arrive un vrai coup. Un avion de liaison n'a pu atteindre ROME dans la matinée, le soir non plus.

20 septembre 1944

VILLACIDRO :   Même journée que la veille. L'équinoxe est là et on s'en aperçoit.

21 septembre 1944

VILLACIDRO :   Mission décommandée. Le temps a cependant l'air de s'améliorer. Nous verrons demain.

22 septembre 1944

VILLACIDRO :   Temps favorable… 2 ponts. L'un pour le 2/63 tout seul. L'autre pour les 2 autres squadrons : 24 avions en l'air. Le 2/63 a une section qui met au but mais le pont passe au travers. L'autre expédition, assez sonnée par la DCA, ne fait pas de très jolis groupements, mais deux ou trois bombes sont très près du pont.

23 septembre 1944

VILLACIDRO :   Temps favorable, malgré quelques cumulus. Objectif : 2 nouveaux ponts.

               L'un à PAVIE réservé aux 2/63 qui met 2 flights en l'air, l'autre à MEZZANINO pour le 2/52 et le 1/32. Résultats : une section du 2/63 touche les approches du pont. Le 2/52 et le 1/32 gênés par les nuages sont un peu longs.

24 septembre 1944

VILLACIDRO :   Temps mauvais. Mission décommandée.

25 septembre 1944

VILLACIDRO :   Le colonel BOUVARD part pour la France pour savoir où nous allons, quand et comment.

               Au milieu du briefing, mission décommandée.

26 septembre 1944

VILLACIDRO :   Temps favorable. Mission : le pont de PAVIE que le 2/63 n'a pas atteint l'autre jour. Un flight de chaque groupe, le 2/63 en tête avec le colonel CHASSANDE. Les résultats sont excellents. Seul un élément du 2/63 est un peu long, dans la ville. L'objectif est atteint.

               Liaisons aériennes. Un important matériel est à prendre à NAPLES pour le secteur de l'air. Tout doit être transporté par avion… Le lieutenant DEMEUNYNCK du 2/63 décolle le matin avec le 296. En cours de route il se rend compte que sa roulette avant est cassée. Il décide de revenir à VILLACIDRO. Il envoie tout le monde dans la queue.

27 septembre 1944

VILLACIDRO :   Dernière mission pour la Sardaigne. Le briefing est mieux que d'habitude, mais la mission est retardée et décommandée par la suite.

28 septembre 1944

VILLACIDRO :   Mauvais temps. La mission que nous espérions faire est définitivement annulée. Il n'y a plus qu'à déballer les bombes.

               L'après-midi, formation des premiers convois qui vont s'embarquer sur des LST [Landinng Ship Tank].

29 septembre 1944

VILLACIDRO :   Liaison à Naples pour prendre du matériel. Liaison à ISTRES pour débarquer du personnel qui préparera les cantonnements car, c'est décidé, nous allons passer quelques jours à ISTRES, probablement sans rien faire, avant que nos terrains soient prêts dans le nord.

               Nous profitons de l'inaction pour mettre au point la liste du personnel actuellement présent :

               Commandement

-           BOUVARD Michel, lieutenant-colonel, pilote observateur.

-           CHASSANDE-PATRON H., lieutenant-colonel, pilote observateur.

               1er Bureau

-           ROUGET Henri, commandant, pilote observateur.

-           FALLOT Édouard, adjudant, secrétaire.

-           SERRANO René, sergent-chef, secrétaire.

-           ROULET René, sergent, secrétaire.

-           PAPAIX André, caporal-chef, dactylo.

-           LÉVY Albert, soldat, dactylo.

               2e Bureau

-           DE LA CHENELIÈRE F., commandant, pilote observateur.

-           FOUQUES DUPARC Henri, capitaine, pilote observateur.

-           GARCIA Edmond, sous-lieutenant, mécanicien photo.

-           MOREAU Camille, aspirant, sédentaire.

-           BLANDIN Norbert, aspirant, sédentaire.

-           RIVIÈRE Henri, aspirant, sédentaire.

-           CALMETTES Jean, aspirant, navigateur.

-           COLONNA DI GIOVENILLA Henri, aspirant, navigateur.

-           LOYASSE Robert, sergent-chef, secrétaire.

-           POUGET Pierre, sergent, secrétaire.

-           LEROC'H Elie, caporal-chef, secrétaire.

-           CHAUME Jean, 2e classe, secrétaire.

               3e Bureau

-           CHEMIDLIN Paul, commandant, pilote observateur.

-           ROZES Paul, capitaine, pilote observateur.

-           BILLAT Lucien, sous-lieutenant, mécanicien radio.

-           BLOC'H Jean, sous-lieutenant, météo.

-           GLASS Paul, adjudant, interprète.

-           BAYARD Guy, sergent-chef, secrétaire.

-           PERROD Georges, sergent, secrétaire.

-           GAZEAU Pierre, sergent, mécanicien radio.

-           GILLET Jacques, caporal-chef, dactylo.

-           VERGUET Georges, 2e classe.

-           ZARAGOZA François, 2e classe.

               4e Bureau

-           BOULANGER François, capitaine, mécanicien avion.

-           ZOCCOLAT Gaston, capitaine, pilote observateur.

-           POMMIER Robert, capitaine, mécanicien avion.

-           CHAUVET Jean, lieutenant, mécanicien radio.

-           CHAVANOL Pierre, sous-lieutenant, mécanicien armement.

-           TOUHAULT Pierre, sous-lieutenant, mécanicien électricien.

-           DE VOYON André, adjudant, mécanicien armement.

-           ULMANN Jean, adjudant, interprète.

-           SEGURA Patrice, sergent-chef, mécanicien armement.

-           ANDRIEU Bernard, sergent, secrétaire.

-           TEULIÈRE André, sergent-chef, mécanicien avion.

-           ABAZ Fernand, caporal, secrétaire.

-           MENET-HAURE Jean, sergent, mécanicien avion.

-           CROCHET René, 2e classe, dactylo.

-           COUDRAY Maxime, adjudant, mécanicien avion.

               Quartier Général

-           GRAVIER Léon, lieutenant, sédentaire.

-           KREISS Yves, aspirant, météo.

-           BARTOLI Noël, sergent, sédentaire.

-           STIEF Henri, 2e classe, secrétaire;

-           JULIA Marcel, 2e classe, secrétaire.

               Standard téléphonique

-           REPETICCI Pierre, caporal, divers.

-           BOS Pierre, 2e classe, divers.

-           COLOMINES Albert, 2e classe, secrétaire.

               Garage

-           MEYJONNADE René, sergent-chef, mécanicien avion.

-           CANERIS Émile, sergent, mécanicien auto.

-           GUIOT Jacques, caporal, conducteur.

-           LEBEAU François, caporal, conducteur.

-           FEMENIA Hubert, 2e classe, conducteur.

-           BRENNER Jacques, 2e classe, conducteur.

-           FERNANDEZ Marius, 2e classe, divers.

-           DAPPELO Arthur, 2e classe, divers.

-           DESTOC Joseph, 2e classe, divers.

-           BENHAIEM Jacques, 2e classe, secrétaire.

-           COHEN Élie, 2e classe, divers.

-           LEBEL Henri, 2e classe, conducteur.

-           ALRICH Antoine, 2e classe, secrétaire.

-           LAVASTROU Henri, 2e classe, secrétaire.

               Chiffre

-           MONTAGNÉ Jean, aspirant, transmissions.

-           ROUVIÈRE Louis, sergent, chiffre.

               Chiffre [?]

-           DIEHLMANN Gustave, 2e classe, cuisinier.

-           FERRENDI Jean, 2e classe, cuisinier.

-           SETOUTI Abdelkader, 2e classe, cuisinier.

               Divers

-           EHRET Armand, adjudant, infirmier.

-           INAIC'K Édouard, sergent-chef, secrétaire.

-           HURON Marcel, sergent-chef, comptable.

-           LEBLOND René, sergent, vaguemestre.

               Additif au quartier général

-           SIMÉON Roland, sous-lieutenant, mécanicien électricien.

-           HARTMAN Maurice, adjudant, secrétaire.

               Aumônier

-           BOUCHET M., capitaine.

               Tour de vigie

-           LEBAR Gaston, caporal-chef, opérateur.

30 septembre 1944

VILLACIDRO :   L'échelon maritime n° 1 a terminé son embarquement dans la nuit et a décollé ce matin à 9 heures.

Mois d'août 1944

               Heures de vol

-           Guerre : 649 heures 15.

-           Entrainement : 1 622 heures 10.

-           Total : 2 271 heures 25.

               Tonnage de bombes

-           238 tonnes (par 2/52 seul)

Mois de septembre 1944

               Heures de vol

-           Guerre : 1 226 heures.

-           Entrainement : 688 heures 30.

-           Total : 1 914 heures 30.

               Tonnage de bombes

-           410 tonnes 300.

Mois d'octobre 1944

1er octobre 1944

VILLACIDRO :   Le colonel BOUVARD quitte la Sardaigne sans espoir de retour. Il est accueilli à l'arrivée par le capitaine FOUQUES DUPARC qui est sur place depuis 4 jours et qui a travaillé d'arrache-pied pour répartir le cantonnement.

2 octobre 1944

VILLACIDRO :   Rien de nouveau pour l'embarquement du 2e échelon. Pour les avions départ prévu le quatre.

3 octobre 1944

VILLACIDRO :   Départ de 2 avions de transport qui quittent définitivement la Sardaigne avec le colonel CHASSANDE le commandant ROUGET et le capitaine ROZES.

4 octobre 1944

VILLACIDRO :   Arrivée des avions à ISTRES. La 34e est partie la première. Le passage sur la piste n'est pas très brillant, mais les 43 avions se posent sans histoire, précédés par le commandant CHEMIDLIN.

               L'atterrissage a lieu entre midi et midi 1/2. Quelques temps après la 31 arrive dans un défilé impeccable. Toute l'aviation française de Bombardement Moyen est enfin réunie sur un sol français. Les visages rayonnent et tout le monde sait cependant que les difficultés vont commencer, car il n'y a que très peu de camions et peu de moyens de transmissions. L'échelon maritime n'est pas encore là.

5 octobre 1944

ISTRES :       La journée débute sur une mauvaise nouvelle. Les bateaux sur lesquels s'étaient embarqués la 34 ont fait ½ tour pour une raison inconnue et sont à nouveau à CAGLIARI… La 31 n'est pas favorisée beaucoup plus car ses bateaux ne sont pas encore à MARSEILLE. On les cherche…

6 octobre 1944

ISTRES :       Arrivée des bateaux, mais pas des nôtres. Seul le 2/63, assez favorisé, va se trouver à peu près au complet.

               La pluie fait son apparition. Une vraie pluie, qui dure toute la journée, avec rafales, éclairs…

7 octobre 1944

ISTRES :       Toujours sans moyens. On ne fait pratiquement rien ou du moins on fait peu de choses en se donnant beaucoup de mal.

               Oublié de signaler le fonctionnement de la popote de l'escadre depuis avant-hier dans un petit local où les Boches avaient laissé quelques petites choses. Elle s'annonce brillante.

               Une note sur les permissions vient de paraître. Quelques avions vont faire quelques liaisons sur l'A.F.N. et Paris.

8 octobre 1944

ISTRES :       Le capitaine BUCAILLE rentre de PARIS et apprend au colonel BOUVARD que sa famille, dont il n'avait aucune nouvelle depuis plusieurs mois, allait parfaitement bien, mais sa maison est entièrement détruite.

9 octobre 1944

ISTRES :       Un avion tente un départ sur PARIS mais fait ½ tour à LYON.

               Le général SAVILLE, commandant le XIIe T.A.S. convoque quelqu'un de l'escadre à DOLE.

10 octobre 1944

ISTRES :       Le commandant CHEMIDLIN part pour DOLE malgré le mauvais temps.

11 au 31 octobre 1944

ISTRES :       Régime de permission, puisqu'il est impossible de travailler.

               S3 devient agence Air France. Les déplacements se multiplient sur NAPLES, la Sardaigne, TUNIS, ALGER, CASA, PARIS, BORDEAUX.

               Nous avons à déplorer la disparition du colonel ROBINSON officier-instructeur américain de tous les groupes, parti pour la Sardaigne sur le 968 avec l'adjudant-chef BRANCHE et le sergent ESSEN le 7 octobre.

               Reprise de l'entraînement. Le 2/63 débute par des vols de nuit.

Mois de novembre 1944

1er novembre 1944

ISTRES :       Personne ne sait encore à qui nous sommes rattachés. L'E.M.G.A. dit blanc, le 1er Corps Aérien noir…

               En fait nous sommes rattachés au P.A.F. (Provisional Air Force) au point de vue tactique et au 1er C.A. pour le reste. Tout le monde est d'accord sauf le 1er C.A. qui nous veut entièrement sous sa coupe.

5 novembre 1944

ISTRES :       En désespoir de cause, le colonel BOUVARD part pour Paris le 5 au soir avec le commandant DE LA CHENELIÈRE.

               Nous apprenons une mauvaise nouvelle. Le lieutenant JAOUEN du 2/63, parti pour Bordeaux le 3, s'est écrasé avec son B 26 aux environs de LÉSIGNAN. Tout l'équipage a péri. Nous n'avons aucun détail.

6 novembre 1944

ISTRES :       À l'occasion de son retour en France, l'Aviation de Bombardement donne à ISTRES une représentation au "CASINO". Fête très réussie.

7 novembre 1944

ISTRES :       Apprenons les détails de l'accident du lieutenant JAOUEN. L'avion a percuté une colline en PSV dans les nuages dans la région de ROQUEFORT LES CORBIÈRES.

               Des bruits commencent à se répandre concernant le déplacement de l'escadre vers le nord. Ordres préparatoires de chargement.

10 novembre 1944

ISTRES :       Ordres de déplacement de l'escadre parviennent le 10 au matin. L'échelon lourd n°1 fera mouvement d'ISTRES à LYON dans la nuit du 10 au 11. L'échelon volant fera mouvement dans la matinée de façon à se trouver à LYON à midi. L'escadre doit pouvoir entrer en action le lendemain 12/11.

11 novembre 1944

LYON :         Arrivée à LYON. Piste de 1400 m. Prolongement à faire amorcé. On promet la mise en état du terrain pour un avenir proche. Allongement de la piste, création de chemins de circulation et de parcs en dur. Mais pour l'instant, les avions s'enlisent dès qu'ils quittent l'aire cimentée.

               Jusqu'au 17/11/44 installation difficile dans le froid et la pluie et dans les ruines du terrain de BRON ; des essais de décollage montrent que les B 26 ne peuvent décoller en pleine charge. Décision est prise de ne mettre provisoirement que les B 26 types G en ligne et à demi charge (2000 livres).

17 novembre 1944

LYON :         Mission d'appui de la 1ère Armée Française en attaquant un pont sur le Rhin, à NIEDENBURG, pont voie ferrée. Faute de mieux, bombes non arrivées, on attaque avec des 500 livres. 18 avions participant à la mission. L'avion du lieutenant HOLIOT du 2/63 est descendu sur l'objectif, coup de plein fouet, coupant la queue de l'avion, chute en vrille. Les autres équipages ne sont pas très formels au sujet des parachutes ; d'après quelques observateurs, un ou au maximum 2 membres d'équipage auraient sauté. Un autre avion, capitaine GUERNON, durement touché, est obligé de se poser sur le ventre au retour, train ne sortant pas, circuit hydraulique et électrique coupés.

               Résultats de la mission : deux bombes au but.
Prix : 5 avions touchés, 3 blessés légers, 2 avions perdus et 6 membres d'équipage disparu.

19 novembre 1946

LYON :         Attaque par 12 avions du pont voie ferrée sur la THUR : 12 avions du groupe 1/32, objectif manqué par suite des très mauvaises conditions météo, objectif caché par les nuages, vu au dernier moment.

               Un flight composé de 2 avions du GB 2/52 et 4 du GB 2/63 participent à une mission de la 31e escadre. Objectif manqué pour les mêmes raisons que ci-dessus. Flak légère au retour seulement en passant sur les Vosges.

               La mission 34 n'a pas eu de protection de chasse par suite [du] mauvais temps à LUXEUIL, terrain de [la] chasse.

20 novembre 1944

LYON :         Une mission préparée avec 18 avions sur le pont voie ferrée, sud de ROUFFORT, est décommandée par suite des mauvaises conditions atmosphériques sur les lignes.

21 novembre 1944

LYON :         12 avions du groupe 1/32 attaquent le pont voie ferrée au sud d'OSTHEIM sur la FECHT. Mission très gênée par le mauvais temps sur les lignes, après avoir [été] retardé d'une heure au départ. Ce retard au départ prive la mission de sa protection chasse. Objectif manqué. Un seul peloton a cru pouvoir lancer ses bombes, le deuxième peloton de 6 les a ramenées. Un flight formé du 2/52 et 2/63 participe l'après-midi à une mission demandée à la 31e escadre. La mission ne peut larguer, ni sur l'objectif principal, ni sur l'objectif secondaire, temps complètement couvert. Dense et précise flak dans la région d'EMERKEIM [?]. Un seul avion touché sur les 6 de la 34e escadre.

               Le lieutenant-colonel BOUVARD qui avait pris le commandement du Wing quitte les formations combattantes pour l'EMGA Paris. Le lieutenant-colonel CHASSANDE-PATRON, qui commandait provisoirement la 34e escadre depuis quelques jours, est confirmé dans son commandement provisoire.

               Le lieutenant-colonel GELÉE prenant le Wing du Groupement de Bombardement, la 31e escadre est confiée aux bons soins du commandant DE MARICOURT, qui de son côté passe le commandement du 1/32 au commandant BOUYER son second.

               Au cours d'une visite le général GÉRARDOT nous expose dans un long plaidoyer d'autodéfense pourquoi il a tenu à avoir le Groupement Bombardement sous ses ordres ; il prétend nous démontrer que c'est l'intérêt du pays. Beaucoup de sourires sceptiques rentrés.

22 novembre 1944

LYON :         Mission de 24 avions prévue sur le pont de RASTATT, annulée par suite des mauvaises conditions météo sur toute la France. Mission de 4 flights prévue.

               La piste s'allonge et on utilise 120 m.

23 novembre 1944

LYON :         Pont voie ferrée UNADINGEN sur le Danube [?], Aurait peut-être été détruit, si le temps avait été plus clément. Mission de 18 avions prévue.

24 novembre 1944

LYON :         Mission d'attaquer même objectif que la veille, décommandée en cours de matinée par suite mauvais temps.

               L'après-midi, visite du général BOUSCAT, qui reçoit les 3 commandants de groupe et le commandant d'escadre.

25 novembre 1944

LYON :         Mauvais temps, pas de mission, même pré-préparation.

26 novembre 1944

LYON :         18e mission. P.V.F. UNADINGEN et P.V.F. STEIG [?]. Commandant d'expédition : Commandant CHEMIDLIN, objectifs couverts, retour avec les bombes, 2 flights 1/32 plus 1 flight 2/63 plus élément 2/52.

27 novembre 1944

LYON :         Préparation mission P.V.F. NEUENBURG sur le Rhin. Mission décommandée cause temps. Briefing heure officielle.

28 novembre 1944

LYON :         Entraînement briefing, améliorations agréables, salle briefing. Sans nouvelles sous-lieutenant BRILLET du 2/52 parti en vol d'essai.

               Accident mortel du sergent LEBLOND.

               Piste terminée sur 1 700 m : 5 300 E.

29 novembre 1944

LYON :         Sous-lieutenant BRILLET rentré après avoir passé la nuit à ISTRES.

30 novembre 1944

LYON :         Mission en préparation, mauvais temps.

               Mission annulée après le planning.

Mois de décembre 1944

1er décembre 1944

LYON :         Comme toujours, mission en préparation, planning, mission annulée.

               Enterrement du sergent LEBLOND.

2 décembre 1944

LYON :         Samedi 2 décembre, une mission composée de 4 flights, commandée par le commandant ROUGET, part bombarder le double pont voie ferrée de FRIBOURG. Pas de chasse. Pas de DCA. Les bombardiers de 2 flights du 1/32 ne sont pas sûrs des résultats, ceux des 2 flights du 2/63 sont contents. Réunion à l'arrivée des équipages à la salle de briefing où le ministre de l'air se les fait présenter. Beau temps.

3 décembre 1944

LYON :         Mauvais temps. Une mission de 2 flights du 2/63 plus 1 flight du 2/52 partent sous le commandement du colonel CHASSANDE-PATRON bombarder le fameux [pont] voie ferrée de NEUENBURG sur le Rhin. L'objectif est couvert, la mission bombarde la région de FRIBOURG.

4 décembre 1944

LYON :         Planning. Mission annulée. Critique des deux dernières missions, non réussies d'ailleurs.

5 décembre 1944

LYON :         Planning. Mission annulée.

6 décembre 1944

LYON :         Mauvais temps persistant. C'est dommage, le planning avait eu lieu la veille. Mission annulée avant le briefing.

7 décembre 1944

LYON :         Mission annulée pendant le briefing. Elle avait été retardée auparavant de deux heures. C'est décevant. Le colonel CHASSANDE-PATRON, parti à ISTRES, n'est pas rentré. 11 avions du groupe 1/15 (groupe de transport) sont arrivés. 2 n'ont pu se poser à cause du temps et se sont réfugiés à ISTRES.

8 décembre 1944

LYON :         Mission annulée pendant le briefing. Difficultés avec le téléphone, le télétype, dues aux inondations des câbles téléphoniques par la crue du Rhône.

9 décembre 1944

LYON :         Mission retardée, puis annulée. Le 3e bureau reçoit des ordres d'opération après le briefing. Les journalistes déjeunent dans les mess et font un tour de Marauder dans l'après-midi. On les a un peu cravatés, mais ils n'ont pas l'air de comprendre grand-chose.

10 décembre 1944

LYON :         La mission part, commandée par le commandant ROUGET, avec 2 flights du 2/52 et 1 du 2/63 et retourne, n'ayant pas trouvé la chasse amie.

11 décembre 1944

LYON :         Mission annulée au cours du planning. Les avions partis hier pour CASABLANCA donnent de leurs nouvelles. Le colonel CHASSANDE-PATRON commande provisoirement la brigade en l'absence du colonel GELÉE.

12 décembre 1944

LYON :         Mission enfin, commandée par le commandant CHEMIDLIN, 2 flights leaders du 1/33 et 1 flight du 2/52. Objectif archiconnu avec flak connue. On navigue au-dessus des nuages, on prend notre chasse au passage et on fonce. En passant, objectif couvert, on fonce à l'est. La chasse nous donne un bon renseignement, on revient, un grand trou sur l'objectif, on refonce en semi-piquant, les formations éclatent un peu et on bombarde presque chacun pour soi. Résultats : médiocres, le pont est toujours là, le commandant LAGER bousille son taxi à l'atterrissage.

13 décembre 1944

LYON :         Planning, etc. Mission annulée.

14 décembre 1944

LYON :         Rien de nouveaux encore. Mission annulée.

15 décembre 1944

LYON :         Mission annulée après le briefing. Les équipages sont déçus. Les avions neufs que des équipages avaient été cherchés à CASABLANCA sont arrivés dans la journée. Les groupes sont contents.

16 décembre 1944

LYON :         C'est samedi, mission encore annulée. Le dossier des missions n° bis (missions annulées) s'enfle démesurément et pourtant on scrute le ciel, on consulte la météo, mais le mauvais temps est toujours là. Un poste météo installé à quelques kilomètres de la ligne du front nous donne de précieux renseignements. Finalement on part l'après-midi sous le commandement du commandant ROUGET, 2 flights de la 34e (n° 1 du 1/32, n° 2 du 2/52) et 2 flights de la 31e escadre (n° 3 du 2/26, n° 4 du 1/19). Deux avions sont descendus par la flak (1/19) et 2 autres dont on est sans nouvelles.

17 décembre 1944

LYON :         Une mission part avec le colonel CHASSANDE-PATRON avec 3 flights (n° 1 [et] n° 2 du 1/32, n°3 du 2/63). Objectif principal : pont double voie ferrée à FRIBOURG. Objectif atteint. Un avion du 2/63 se pose à LUXEUIL.

18 décembre 1944

LYON :         Mission annulée après le briefing : encore… Critique de la mission d'hier : flight leader : but – les autres sur la ville de FRIBOURG, photos à l'appui. L'avion n° 35 du 2/63 a cassé sa roulette avant et est sur le nez. Un autre avion de ce groupe, parti pour ramener l'équipage, a le même accident à LUXEUIL, total, cause mauvais état du terrain non signalé.

19 décembre 1944

LYON :         Mission annulée.

20 décembre 1944

LYON :         Mission annulée.

21 décembre 1944

LYON :         Mission annulée, cette fois avant le pré-briefing.

               Les journaux parlent de nous en bien.

22 décembre 1944

LYON :         Mission annulée.

23 décembre 1944

LYON :         Mission annulée sur la piste.

24 décembre 1944

LYON :         Missions n° 25 : commandant d'expédition, commandant CHEMIDLIN, un flight du 1/32 leader, plus 1 flight du 2/63, plus 1 flight du 2/52. Bombardement de la gare de triage d'IMMENDINGEN. Mauvais bombardement, résultats à l'appui. La chasse ennemie (36 avions) apparaît avant le point initial et nous quitte sur le Rhin. DCA, flak sur le Rhin, un avion du 2/53 est touché et tombe aux environs de BESANÇON. Trois morts sont à déplorer, celles du sergent MASSON, radio, du sergent ELBEZE, mitrailleur, du sergent BENITZA, mitrailleur. Le lieutenant GRANVAL, pilote, le sous-lieutenant PODESTAT, co-pilote, le sergent-chef PIGNAL, bombardier, sont légèrement blessés.

25 décembre 1944

LYON :         Mission n° 26 : mission mixte, 31e et 34e escadres, 3 flights par escadre. Objectif : pont de BREISACH. Les résultats semblent mauvais.

               Le commandant CHEMIDLIN est parti à PARIS, le commandant STEFF le remplace pendant son absence.

26 décembre 1944

LYON :         Mission n° 27 : encore le pont de BREISACH. La mission est commandée par le commandant MICHAUD du 2/63. Planning et briefing. Mission annulée au dernier moment sur le terrain. Causes : brume sur l'objectif et sur le terrain (Les cheminées, dont celles de 110 mètres qui sont au nord du terrain, ne sont pas visibles.).

27 décembre 1944

LYPN :         Mission annulée.

28 décembre 1944

LYON :         Mission annulée.

               Le commandant CHEMIDLIN nous quitte, il part en Amérique. Le commandant MICHAUD prend le commandement des 2e et 3e bureaux.

29 décembre 1944

LYON :         Mission annulée.

30 décembre 1944

LYON :         Mission de 4 flights sur gare de marchandise de FRIBOURG. 14 avions de bombardement sous le commandement du commandant ROUGET. Mission réussie.

31 décembre 1945

LYON :         Mission annulée. Il neige. Critique de la mission d'hier. L'année se termine sur un planning.

Mois de janvier 1945

1er janvier 1945

LYON :         Mission de 4 flights sous le commandement du commandant ROUGET. Mission non réussie, objectif couvert, quelques avions bombardent quand même, le n° 46, commandant STEFF et commandant ROUGET, se posent à DOLE au retour. [Le] n° 92 prend feu à l'atterrissage. L'équipage largue les bombes et éteint le feu avec des extincteurs à main et des haches.

2 janvier 1945

LYON :         Mission de 4 flights sous le commandement du commandant MICHAUD. Mission réussie, 18 avions font partie de la mission sur 25 avions décollés. (7 se sont posés sur ennuis divers). L'avion n° 41 du 2/63 se pose à DOLE. Le n° 46 rentre par ses propres moyens.

3 janvier 1945

LYON :         Mission annulée. Après-midi, critique des missions des 1 et 2 courant. On apprend qu'au cours de la mission d'hier, 40 chasseurs allemands croisaient dans les environs ; aucun n'a été vu.

4 janvier 1945

LYON :         Mission de ce jour annulée. Cause : temps.

5 janvier 1945

LYON :         Mission annulée. Arrivée du capitaine DE LA RIVIÈRE au 3e bureau.

6 janvier 1945

LYON :         Mission annulée sur le terrain.

7 janvier 1945

LYON :         Préparation de la mission les 4 et 5 janvier conférence du Major BILBY sur la flak. Conférence suivie avec un intérêt accru ces jours-ci, du fait qu'une mission avec un objectif bien connu est en préparation.

8 janvier 1945

LYON :         Les 31e et 34e escadres, sous les ordres du colonel CHASSANDE-PATRON, ont mission de bombarder la gare située à 7 km au nord de PIRMASENS, avec comme objectif secondaire un grand dépôt en bordure sud-est de LANDAU. Effectifs de la 34e escadre : 24 avions chargés en 1000 livres et 500 livres. Le décollage se fait sur un terrain recouvert de neige par plafond bas et visibilité médiocre. Chaque escadre se regroupe correctement mais les deux escadres ne se regroupent pas. La 31e essaie de passer sous le plafond, fait demi-tour et se pose en débandade. La 34e réussit à passer au-dessus, va jusqu'à proximité des lignes, mais, le temps restant couvert, fait demi-tour. Le mauvais temps dans la région lyonnaise fait que 2 avions se posent à VALENCE et 12 à ISTRES, dont celui du commandant d'escadre. L'avion météo a été utilisé pour cette mission.

9 janvier 1945

LYON :         18 avions de l'escadre doivent attaquer, conjointement à la 31e escadre, les mêmes objectifs que la veille ou bien la gare de DONAUESCHINGEN ou le pont de STEIG [?]. Mission annulée en raison du mauvais temps. 1 des avions posés à VALENCE rentre.

10 janvier 1945

LYON :         Même mission que la veille, annulée en raison du mauvais temps. La Brigade de Bombardement Moyen étant rattachée au 42e Wing, des officiers de cette formation viennent en liaison. Le second avion posé à VALENCE rentre.

11 janvier 1945

LYON :         Même mission que la veille, si ce n'est que l'assurance d'une centaine de canons de DCA sur l'itinéraire fixé la veille oblige à changer celui-ci. Mission annulée en raison du mauvais temps. Les avions posés à ISTRES le 8 janvier 1945 reviennent.

12 janvier 1945

LYON :         Avions disponibles : 35 ; équipages disponibles : 46 ; mission prévue : 18 avions de l'escadre doivent détruire des approvisionnements dans la forêt de SÉLESTAT. Chargement de bombes à fragmentation. La mission est annulée en raison des mauvaises conditions atmosphériques. À 16 heures conférence du lieutenant LYMANN du 42e Wing sur le bombardement.

13 janvier 1945

LYON :         Avions disponibles : 35 ; équipages disponibles : 46 ; mission prévue : 24 avions de l'escadre doivent attaquer la gare de BIEBERMUHLE (nord de PIRMASENS) avec objectif secondaire LANDAU. Mission annulée en raison du brouillard sur le terrain de Lyon.

14 janvier 1945

LYON :         Avions disponibles : 34 ; équipages disponibles : 33. Météorologie température : -16, brouillard sur le terrain. Mission : 24 avions de la 31e escadre suivis de 24 avions de la 34e doivent attaquer dans une première hypothèse le camp de BITCHE comme objectif principal, un dépôt à SCHAIDT (coordonnées W N 258 505) comme objectif secondaire.

               Dans une deuxième hypothèse, la gare de DONAUESCHINGEN avec NEUSTADT ou LANDAU comme objectif secondaire. Mission décommandée en raison des mauvaises conditions météorologiques sur le terrain. Seul décolle l'avion météo qui ne peut rentrer à LYON en raison de la mauvaise visibilité et se pose à VALENCE, fait une tentative pour rentrer l'après-midi mais sans succès. À 16 heures conférence du lieutenant LYMANN sur le bombardement.

15 janvier 1945

LYON :         Avions disponibles : 33 ; équipages : 32 ; météo température : -16, brouillard sur le terrain. Même mission que la veille, également décommandée.

               L'avion météo de la veille essaie de regagner LYON, mais va atterrir à ISTRES.

               Conférence du capitaine VAN DAUNER du 1er TAC sur la conduite que doivent tenir les prisonniers.

16 janvier 1945

LYON :         Avions disponibles : 32 ; équipages : 33. Mêmes conditions atmosphériques, même mission que la veille, mission annulée.

17 janvier 1945

LYON :         Avions disponibles : 33 ; équipages : 32. Mauvais temps sur la région de l'objectif et sur LYON. Mission : 24 avions de la 34e escadre, suivis de 24 avions de la 31e escadre, doivent attaquer à la bombe de 500 livres.

               Dans une première hypothèse, un dépôt à LANDAU (objectif principal) ou un dépôt à THALEISCHWEILER (WQ 908 738), dans une deuxième hypothèse, un dépôt à DONAUSCHINGEN, avec comme objectif secondaire RIEGEL (W 013 504) ou KANDERN (V 943 020). Mission annulée.

               L'avion météo qui s'était posé à ISTRES l'avant-veille rentre ainsi qu'un avion neuf touché à CASA. D'autres avions venus de CASA sont venus jusqu'à LYON, mais ont fait demi-tour en raison du mauvais temps.

18 janvier 1945

LYON :         Avions disponibles : 33 ; équipages disponibles : 32. Les conditions météorologiques s'améliorent à LYON, la température s'élève (-5). Mais il fait mauvais sur la zone des objectifs.

               Même mission que la veille. Mission annulée.

               Un incident : la porte de la salle de briefing est évincée [coincée] par une vis qui s'est dévissée : tous les assistants, colonel en tête, sont enfermés.

               Deux avions neufs arrivent de CASA, via ISTRES.

19 janvier 1945

LYON :         Avions disponibles : 37 ; équipages disponibles : 38. Les conditions météorologiques se sont nettement améliorées à LYON. Quelques beaux trous. C'est le dégel.

               Même mission que la veille, mais il fait mauvais sur la zone des objectifs. L'avion météo est obligé de faire demi-tour à LONS-LE-SAUNIER.

               L'avion n° 995 du 2/63, pour une cause non déterminée, est obligé de se poser 4 minutes après le décollage. Crash à 25 km du terrain. Avion détruit, équipage légèrement blessé.

20 janvier 1945

LYON :         Avions disponibles : 38 ; équipages disponibles : 39. Conditions météorologiques bonnes la matinée, belles éclaircies sur le terrain, puis couvert vers 500-600 avec quelques chutes de neige. Passages successifs de ponts froids sur la zone des objectifs.

               Missions : 36 avions de la 34 suivis de 24 de la 31, attaquent un rassemblement de troupes sur la rive droite du Rhin prêt de NEU FRISSEK [FREUDENSTADT ?]. Objectif secondaire : gare d'ACHERN. Mission annulée à 11 heures 40, les moteurs étant déjà en route. L'avion n° 007 du 2/63 part pour DJEDEIDA où il doit être livré au CIB.

21 janvier 1945

LYON :         Avions disponibles : 37 ; équipages disponibles : 39. Les conditions météorologiques ne sont pas favorables : ciel d'instabilité, nuages à toutes altitudes, ciel couvert sur le terrain à 600 m.

               Mission : 36 avions de la 34 suivis de 24 avions de la 31 doivent bombarder la gare d'ACHERN, avec comme objectif secondaire la gare de WISSEMBOURG, 1ère hypothèse, ou, 2e hypothèse, un dépôt à DONAUESCHINGEN, objectif secondaire les ponts de RIEGEL. La mission est décommandée.

22 janvier 1945

LYON :         Avions disponibles : 40 ; équipages disponibles : 38. Ciel peu nuageux, beau temps à LYON, quelques bancs de stratocumulus dans la plaine d'Alsace.

               Mission : 36 avions de la 34, suivis de 24 avions de la 31, doivent attaquer le pont de NEUENBURG. L'objectif de la 34 est le pont voie ferrée, objectif secondaire le pont de DONAUSCINGEN.

               La protection de la formation doit être assurée par des Spitfires du 1er CAF.

               Exécution de la mission : 38 B 26 de la 34 décollent à 10h56 (6 flights, 2 spares), suivis des avions de la 31e escadre. Le rassemblement s'effectue correctement et la formation passe en vol de groupe impeccable sur la piste. L'expédition est sous les ordres du lieutenant-colonel CHASSANDE-PATRON, commandant l'escadre.

               L'expédition prend le cap de DIJON, passe sur le terrain de LONGWY où se trouvent les B 26 du 42e Wing. La formation est toujours en ordre impeccable, ce qui vaut au lieutenant-colonel à l'atterrissage les félicitations du commandant du Wing. Après DIJON, l'expédition se dirige vers LURE, rendez-vous avec la chasse. Mais, celle-ci n'a pas pu décoller. Le commandant d'expédition n'a pas été prévenu. Les B 26 attendent un moment les Spit, puis se dirigent sans protection de chasse vers les objectifs assignés, en passant par BELFORT, SEPPOIS, où la 34e se sépare en deux formations : l'une, comprenant les 3 premiers flights sous les ordres du commandant de l'expédition, attaque le pont de NEUENBURG en passant par ALTKIRCH (PI), l'autre sous les ordres du commandant BOUYER attaque l'objectif en passant par OBERDORF (PI).

               La première formation dégage avant de bombarder parce que le viseur du bombardier leader est givré ; elle fait ensuite un deuxième passage et bombarde au cours de ce passage. Le viseur du bombardier du premier flight étant toujours givré, les bombes sont larguées au jugé et tombent court. Les bombardements des deux autres flight n'ont pas pu être observés.

               La deuxième formation qui a bombardé au cours de son premier passage a atteint les résultats suivants :

4e flight 80 m long, 180 m à gauche  (point moyen)

5e flight 230 m long, 450 m à droite (    "      )

6e flight 210 m long, 180 m à droite (    "      )

               Aucun chasseur connu n'a été aperçu. La flak n'a été active qu'au deuxième passage, deux avions ont été touchés.

               La mission est rentrée au terrain sans incident. D'après les derniers renseignements reçus, le pont aurait été atteint et serait hors d'usage.

23 janvier 1945

LYON :         Avions disponibles : 36 ; équipages disponibles : 37. Conditions météorologiques défavorables, ciel très nuageux, plafond 300/600 m dans la zone des opérations. Chutes de neige.

               Mission : même mission. Le pont de NEUENBURG (objectif principal) ou le dépôt de DONAUESCHINGEN doivent être attaqués dans les mêmes conditions que le 22.

               La mission est décommandée à cause du temps.

               Conférence : le Major VIRGINI du 42e Wing fait une conférence sur le tir, aux mitrailleurs de l'escadre.

24 janvier 1945

LYON :         Avions disponibles : 36 ; équipages disponibles : 33. Conditions météorologiques défavorables, ciel toujours couvert. Quelques éclaircies dans la région lyonnaise.

               Même mission que la veille, décommandée pour les mêmes raisons.

26 janvier 1945

LYON :         Avions disponibles : 40 ; équipages disponibles : 34. Les conditions météorologiques sont encore plus défavorables que la veille, les ponts froids se succèdent.

               Même mission que la veille (bombardement du pont de NEUENBURG et du dépôt de DONAUESCHINGEN, objectif secondaire) décommandée à cause des mauvaises conditions atmosphériques. Le capitaine d'ERCEVILLE du GBM 1/32 est détaché au 3e bureau de l'escadre.

27 janvier 1945

LYON :         Avions disponibles : 39 ; équipages disponibles : 34. Conditions météorologiques très défavorables. Même mission que la veille. Mission annulée après le briefing.

28 janvier 1945

LYON :         Avions disponibles : 39 ; équipages disponibles : 34. Conditions météorologiques défavorables. Mission annulée après le briefing.

29 janvier 1945

LYON :         Avions disponibles : 38 ; équipages disponibles : 35. Conditions météorologiques permettent le départ. La mission part, cinq avions de la 34e escadre décollent, 1 avion s'enlise, les autres sont bloqués par un avion de la 31e escadre sur le taxi-way. Résultat négatif : objectif non visible.

30 janvier 1945

LYON :         Avions disponibles : 35 ; équipages disponibles : 33. Conditions météorologiques défavorables. Mission annulée après le briefing.

31 janvier 1945

LYON :         Avions disponibles : 38 ; équipages disponibles : 38. Conditions météorologiques défavorables. Mission annulée pendant le briefing.

Mois de février 1945

1er février 1945

LYON :         Avions disponibles : 39 ; équipages disponibles : 36. Conditions météorologiques défavorables. Dégel à LYON, le terrain plonge dans le brouillard.

               Mission : attaque de la gare d'IMMENDINGEN (01). Objectif secondaire attaque de concentration de troupes à HEUBERG [SCHWENNINGEN ?] (1ère hypothèse). Attaque de la gare de marchandise de THALEISCHWEILER.

               La mission est décommandée.

2 février 1945

LYON :         Avions disponibles : 40 ; équipages disponibles : 35. Conditions météorologiques défavorables : brouillard sur le terrain.

               Mission : attaque par 30 avions de la 34e escadre et 24 avions de la 31e des baraquements de LAHR objectif principal. Objectif secondaire pour la 34e : baraquement de RASTATT.

               Mission décommandée à cause du temps à 12 heures 15.

3 février 1945

LYON :         Avions disponibles : 42 ; équipages disponibles : 37. Conditions atmosphériques défavorables. Plafond 300/600 sur l'objectif. Température en hausse.

               Mission : 18 avions de la 34e, suivis de 24 avions de la 31e attaquent le pont de NEUENBURG, tandis que 12 avions de la 34e attaquent les batteries de la rive droite du Rhin qui défendent ce pont.

               Mission décommandée à cause du temps à 13 heures 15.

4 février 1945

LYON :         Avions disponibles : 44 ; équipages disponibles : 38. Conditions atmosphériques défavorables, plafond inférieur à 1000 pieds, dans la région de MULHOUSE plafond à 1500 pieds avec quelques bancs de stratus vers 300 pieds.

               Mission : objectif un pont de NEUENBURG ; 18 avions de la 34e escadre doivent attaquer les batteries qui défendent le pont (à l'est du Rhin), 12 avions de la 34e escadre suivis de 24 avions de la 31e doivent attaquer le pont. Mission décommandée à cause du mauvais temps.

               Mais, le commandant MICHAUD, chef du 3e bureau de l'escadre, estime que si les nuages et les plafonds bas son défavorables aux missions effectuées par les formations lourdes (54 avions) ils seraient au contraire très favorables à des missions d'avions isolés ou des formations légères (3 ou 6 avions).

               En raison des circonstances et de l'importance capitale que revêt le pont de NEUENBURG pour les Allemands, par suite de l'attaque de la "poche de COLMAR" par la première armée française, le commandant MICHAUD décide d'attaquer seul à bord d'un Marauder ce pont cependant très défendu.

               À 15 heures 30, il décolle à bord du B 26 n° 292 du GB 2/63, se dirige vers CHALON, rencontre à DOLE un plafond inférieur à 1000 pieds qui l'oblige à rentrer dans les nuages, d'où il ne ressort que dans la région de MULHOUSE. Il utilise alors les nuages pour se dissimuler, longe le front du HARTH [forêt de la], arrive à l'ouest du front de NEUENBURG, il effectue un virage réglé à droite qui l'oriente au cap 110, suivant l'axe du pont. Il attaque ensuite le pont en vol rasant après avoir effectué un léger piqué. Les bombes sont larguées sur le pont : deux bombes (sur les quatre bombes de 1000 livres lâchées) sont observées : l'une est immédiatement au nord du pont, l'autre immédiatement au sud. Le commandant MICHAUD qui a dégagé aussitôt à droite et en montant dans les nuages n'a pu observer les deux autres bombes. Après une navigation, effectuée en grande partie dans les nuages, le B 26 292 rentre au terrain de LYON BRON sans incident.

               La mission, supérieurement préparée et exécutée, a parfaitement réussi. La réaction de la flak a été vive : l'avion rentre au terrain avec de nombreux culot de DCA de petit et moyen calibre.

               Seul à bord d'un Marauder où l'équipage est normalement à cinq, le commandant MICHAUD a fait un magnifique exploit qui n'a été possible que grâce à sa science consommée du vol et à ses qualités d'audace et de froid courage.

5 février 1945

LYON :         Avions disponibles : 44 ; équipages disponibles : 38. Conditions atmosphériques défavorables, sensiblement les mêmes que la veille.

               Mission : la même que la veille. Bombardement du pont de NEUENBURG dans les mêmes conditions. Objectif secondaire : baraquement de LAHR.

               La mission n'est pas effectuée à cause du mauvais temps. 1 équipage du 2/52 par à ISTRES pour y effectuer le stage de bombardement.

6 février 1945

LYON :         Avions disponibles : 43 ; équipages disponibles : 38. Conditions atmosphériques défavorables.

               Mission : la même que la veille.

               La mission n'est pas effectuée à cause du mauvais temps.

               4 citations. Arrivée du commandant d'HAUTEFEUILLE affecté au 3e bureau de l'escadre.

7 février 1945

LYON :         Avions disponibles : 43 ; équipages disponibles : 43. Conditions atmosphériques défavorables.

               Mission : la même que la veille. Mission décommandée pour les mêmes raisons.

8 février 1945

LYON :         Avions disponibles : 44 (en réalité 12 sûrs et 26 probables, à cause du mauvais état des voies d'accès des parkings sur la piste, les autres sont bloqués sur place) ; équipages disponibles : 36.

               Mission : 24 avions de la 31e escadre, suivis de 18 avions de la 31e escadre doivent attaquer la gare de triage de FRIBOURG (objectif principal) ou les baraquements de DONAUESCHINGEN (objectif secondaire). Le commandant STEFF est commandant de l'expédition de la 34e escadre. Météo : ciel demi-couvert par stratocumulus vers 5000 pieds jusqu'à la plaine d'Alsace puis dégagé après le Rhin.

               Exécution de la mission : la 34e escadre décolle après la 31 ; le regroupement s'effectue dans de mauvaises conditions à cause des enlisements d'avion sur la piste et les voies d'accès à la piste d'envol.

               La formation prend au passage à LUXEUIL la protection de chasse et se dirige vers FRIBOURG par SAINT-DIÉ, BENFELD (PO) WYHL (PI), mais, par suite d'une erreur de navigation du navigateur leader de la 31e escadre, il se produit un certain flottement dans la formation au moment où elle se présente pour bombarder son objectif. De plus, sur FRIBOURG, la réaction de la DCA est extrêmement violente et la chasse ennemie tente d'intercepter la formation de bombardement. Cependant la chasse ennemie est prise à partie par la chasse d'escorte et ne peut attaquer les bombardiers.

               Résultat : ils sont très médiocres ; on n'est pas bien sûr que la gare soit atteinte ; 2 flights n'ont pas atteint la queue, le troisième l'a probablement atteinte.

               Perte : l'avion du GB 2/63 atteint par la DCA a explosé en vol. 1 membre de l'équipage a été vu sautant en parachute (lieutenant BACH).

               Affectation : le commandant DE REVIÈRE DE MAUNY rejoint l'escadre où il est affecté comme chef du 2e bureau à l'état-major de l'escadre.

9 février 1945

LYON :         Avions disponibles : 28 seulement, à cause de l'état de la piste ; équipages disponibles : 35.

               Météo : ciel de traînée, nuages à développement vertical, cumulus, 8/10 couvert dans la région de l'objectif.

               Mission : 24 avions de la 34e suivis de 24 avions de la 31e escadre attaqueront la gare d'APPENWEIER (objectif 1) ou le pont de DONAUESCHINGEN. Commandant d'expédition : lieutenant-colonel CHASSANDE-PATRON. Protection : chasseurs du premier CAF.

               Exécution de la mission : la 34e escadre se rassemble difficilement au-dessus des couches nuageuses qui montent jusqu'à 7000 pieds au-dessus du terrain.

               La 31e escadre et les spares de la 34e escadre décollent avec retard par suite des enlisements sur les chemins d'accès à la piste et aux flights de la 31e escadre. Ils réussissent à rattraper la formation de la 34e escadre qui se dirige vers LUXEUIL où elle prend au passage les chasseurs d'escorte, puis vers SAINT-DIÉ, ERSTEIN, APPENWEIER (objectif) qui ne peut être vu. Après un virage complet vers la gauche, qui fait passer la formation par STRASBOURG, celle-ci se dirige sur l'objectif secondaire qui n'a pu être bombardé que par un flight (2/52). Les autres flights bombardent des objectifs d'opportunité (gare de NEU FREISTET [FREUDENSTADT ?]).

               Aucune réaction de la part de l'ennemi, ni flaques ni chasse.

10 février 1945

LYON :         Avions disponibles : 30 ; équipages disponibles : 36. Météo : conditions météorologiques défavorables.

               Mission : 24 avions de la 31e escadre suivis de 24 avions de la 34e doivent attaquer la gare de triage d'APPENWEIER (objectif 1) ou la gare de triage de DONAUESCHINGEN (objectif 2).

               La mission est décommandée en raison des mauvaises conditions atmosphériques.

               Stage : un avion du 2/63 part à ISTRES avec un équipage qui doit suivre le stage de bombardement.

11 février 1945

LYON :         Avions disponibles : 35 ; équipages disponibles : 34. Météo : défavorable sur le trajet aller de la mission. Des trous sont toutefois prévus dans la région de l'objectif. L'après-midi un corps nuageux doit atteindre la zone qui détourne la mission et la région lyonnaise. Un avion météo décolle et confirme les prévisions météo à 8 heures 46. Mais le mauvais temps arrive rapidement.

               Mission : 24 avions de la 34e escadre suivis de 24 avions de la 31e escadre doivent attaquer le pont voie ferrée de NEUSTADT (objectif 1) ou le pont voie ferrée de FREUDENSTADT (objectif 2). La mission est protégée par des chasseurs du premier CAF. Le rendez-vous est à LUXEUIL.

               Exécution de la mission : en raison des circonstances atmosphériques défavorables, l'expédition, au dernier moment, est réduite à trois flights de la 34e escadre. Le chef d'expédition est le commandant ROUGET, commandant en second de la 34e escadre.

               Le temps est mauvais et l'expédition est obligée de rester sous les nuages. À VESOUL, elle est obligée de faire demi-tour. Elle rentre au terrain dans un ordre impeccable.

               Stage : l'avion du 2/52 est rentré du stage à ISTRES.

12 février 1945

LYON :         Avions disponibles : 32 ; équipages disponibles : 37. Météo : défavorable. Un corps nuageux intéresse la zone des objectifs et la région lyonnaise. Plafond bas, pluie, l'avion météo est obligé de faire demi-tour.

               Mission : dans une première hypothèse, 24 avions de la 31e escadre suivis de 24 avions de la 34e escadre doivent attaquer un centre de réparation à SAINT INGBERT (objectif 1) ou des casernes à OBERSTEIN (objectif 2).

               Dans une deuxième hypothèse la formation composée des mêmes avions doit attaquer les casernes de DONAUESCHINGEN.

               Dans les deux cas des Spitfires doivent assurer la protection de la formation.

               La mission est décommandée à cause du mauvais temps.

13 Février 1945

LYON :         Météo défavorable. Mission coordonnée par la 31e escadre. Objectifs : SAINT-INGBERT, OBERSTEIN. La mission part et fait demi-tour immédiatement après le passage des lignes (Rhin) [au] sud de STRASBOURG.

14 février 1945

LYON :         Météo favorable, visibilité 50 km, plafond huit.

               Mission : coordonnée par la 34e escadre. Objectif dépôt de munitions de JOCKGRIM. 1ère hypothèse casernes et PC à LANDAU, 2e hypothèse dépôt nord de DONAUESCHINGEN, objectif d'opportunité pont à RIEGEL. Objectif de JOCKGRIM atteint, mission réussie. L'équipage du groupe 1/32 est descendu : capitaine ROLLAND, sous-lieutenant MERCIER, sous-lieutenants VAL, sous-lieutenant CHAMPPROMIS, sous-lieutenant BEAULIEU, sous-lieutenant BERTRAND, sergent FAUDRY, quatre parachutes ont été vus.

15 février 1945

LYON :         Météo défavorable. Mission : objectif principal à OFFENBOURG, mission décommandée par suite mauvaises conditions atmosphériques.

16 Février 1945

LYON :         Météo favorable, bonne visibilité et plafond infini sur l'objectif.

               Mission : coordonnée par la 31e escadre. Objectif principal : casernes et PC à LANDAU. Les avions de la 34e escadre partent sous le commandement du commandant LAGER. Mission réussie.

17 février 1945

LYON :         Météo défavorable. Mission : objectif principal SAINT-INGBERT. Objectif secondaire SCHÖNENBERG. Deuxième hypothèse, LAHR. Mission annulée, cause météo défavorable.

18 février 1945

LYON :         Mission identique, annulée, cause météo.

19 février 1945

LYON :         Mission identique, annulée, cause météo.

20 février 1945

LYON :         Mission identique. La mission part sous le commandement du colonel CHASSANDE-PATRON et fait ½ tour à DIJON. La 31e escadre ne décolle pas.

21 février 1945

LYON :         Mission identique. 3 flights seulement de la 34e escadre partent sous le commandement du colonel CHASSANDE-PATRON. Aucun objectif prévu n'est visible. Les avions bombardent la gare de LAHR qui se trouve être visible et l'atteignent. Mission réussie.

22 février 1945

LYON :         Météo favorable. De grand matin, les trois groupes sont alertés et les leaders sur les dents. L'escadre doit en effet participer à la grande attaque des voies de communication. On parle de 6000 avions. Chaque groupe et même chaque flight aura sa petite gare : HASLACH, STEINACH, TRIBERG, HINTERZARTEN (STEIG [?]). En quelque sorte un concours de bombardement. C'est ce que vient de dire au briefing le colonel BODET, commandant la brigade. Mission sans histoire. 4 flights sur 5 mettent au but et de belle manière. Témoins de cette réussite, les différents ordres du jour dont copie ci-dessous. Mission réussie.

23 février 1945

LYON :         Avions disponibles : 38 ; équipages disponibles : 38. Météo : favorable, brume sèche au sol un peu gênante.

               Mission : 1ère hypothèse, 24 avions de la 31e escadre et 24 avions de la 34e doivent bombarder le dépôt de SAINT-INGBERT ; objectif secondaire, dépôt de SCHÖNENBERG. 2e hypothèse, casernes et dépôts à DONAUESCHINGEN. Objectif d'opportunité, gare de WOLFACH. Protection par Spitfires. La mission part, commandée par le commandant STEFF du 2/63. Mission réussie.

24 février 1945

LYON :         Avions disponibles : 35 ; équipage disponibles : 38. Météo : favorable.

               Mission : 1ère hypothèse, objectif principal pont de RINNTHAL, secondaire dépôt à DONSIEDERS ; 2e hypothèse, dépôt à DONAUESCHINGEN ; objectif d'opportunité usine à BROMBACH. Mission coordonnée par la 34e escadre sous le commandement du commandant ROUGET. Mission réussie.

[25 février 1945]

LYON :         Avions disponibles : 34 ; équipages disponibles : 37. Météo favorable.

               Mission : 1ère hypothèse, objectif principal, dépôt à SIEGELBACH (région de MANNHEIM), objectif secondaire, dépôt à HEIDELBERG (même région) ; 2e hypothèse, dépôt à DONAUESCHINGEN ; objectif d'opportunité, gare de ETTENHEIM. Mission sous le commandement du commandant BOUYER, objectif de DONAUESCHINGEN. Objectif atteint.

[26 février 1945]

LYON :         Avions disponibles : 39 ; équipages disponibles : 37. Météo : défavorable. Mission : 1ère hypothèse, objectifs à SIEGELBACH et HEIDELBERG ; 2e hypothèse, usine et dépôts de EMMENDINGEN. Avions prévus : 24 plus 3 spares. Mission annulée.

                                      ***

               Voici les félicitations qui nous arrivent à la suite des bombardements des gares de triage du 22 février 1945.

ORDRE DU JOUR N° 1 DU COLONEL BODET, COMMANDANT LA BRIGADE DE BOMBARDEMENT N° 11
en date du 11 mars

               Je suis heureux de transmettre aux équipages et personnel mécanicien des 31e et 34e escadres les félicitations ci-jointes des généraux SPAATZ, commandant en chef de l'aviation américaine sur le Théâtre d'Opérations Occidental, WEBSTER, commandant le premier TACAF, DOYLE, commandant le 42e Bomb Wing et d'y joindre les miennes.

               Le personnel a répondu pleinement à l'appel qui lui avait été adressé et les résultats obtenus le 22 février ont pleinement justifié la confiance du commandement en sa valeur.

               Des combats nous attendent encore et permettront d'affirmer une fois de plus que l'Aviation Française a conservé intacts son mordant et sa valeur technique.

               Signé : BODET.

LETTRE DE FÉLICITATIONS DU LIEUTENANT GÉNÉRAL SPAATZ COMMANDANT EN CHEF DE L'AVIATION AMÉRICAINE SUR LE THÉÂTRE D'OPÉRATIONS OCCIDENTAL
en date du 27 février 1945

               1. Je désire vous féliciter pour l'excellent travail réalisé par votre unité dans la mise au point et l'organisation des opérations 22 février.

               2. Votre plan tactique démontra clairement l'effort fait pour observer fidèlement les directives conçues dans l'établissement du plan d'attaque ; l'adresse, la détermination et l'agressivité de vos équipages montrent pleinement leur volonté de voir le plan couronné de succès.

               3. Vous avez toutes les raisons d'être très fiers du travail supérieur exécuté par les unités sous votre commandement, car je considère qu'il correspond aux plus hautes traditions des Armées de l'Air.

               Signé : Carl SPAATZ.

TRANSMISSION DU 1ER TACAF, APO 374, US ARMY
le 3 mars 1945

               1. J'ai grand plaisir à transmettre la lettre ci-jointe. Faites parvenir mes félicitations au personnel navigant et non navigant dont l'habileté, le courage et le travail acharné fait de cette opération un succès marqué.

               2. Dans cette opération, vous et vos commandants d'unité, vous avez fait preuve d'excellentes qualités de chef. Je suis très fier de votre travail.

               Signé : Major Général US Army Robert M. WEBSTER.

TRANSMISSION DU 42E WING (US) APO 374, US ARMY
6 mars 1945

               À ceux qui ont si habilement préparé et exécuté la mission du 42e Wing (US) le 22 février 1945, j'envoie mes félicitations basées sur une sincère appréciation.

               Signé : John P. DOYLE Brigadier Général USA.

                                      ***

27 février 1945

LYON :         Avions disponibles : 32 ; équipages disponibles : 40. Météo : défavorable. Mission : identique à celles des 25 et 26 février. Mission annulée, cause météo.

28 février 1945

LYON :         Avions disponibles : 38 ; équipages disponibles : 39. Météo : favorable. Mission : bombardement d'un dépôt à EMMENDINGEN. 4 flights sous commandement du colonel CHASSANDE-PATRON réussissent un bombardement parfait. Mission réussie.

Mois de mars 1945

1er mars 1945

LYON :         Avions : 37 ; équipages : 40. Météo favorable. Missions : 1ère mission, 8 flights ; 1e hypothèse : dépôt SIEGELBACH, BÖBLINGEN ; 2e hypothèse, DONAUESCHINGEN. 2e mission, 4 flights, objectif tunnel [de] SAN REMO.

               La 2e mission décolle, commandée par le commandant BOUYER. Elle est rappelée par radio et ne bombarde pas. La première mission ne décolle pas.

2 mars 1945

LYON :         Avions : 37 ; équipages : 39. Mission : 8 flights. 1ère hypothèse : dépôt de SIEGELBACH et BÖBLINGEN. 2e hypothèse : dépôt de DONAUESCHINGEN. La mission décolle, survole à l'estime l'objectif et rentre sans larguer les bombes. Mission commandée par le commandant LAGER.

3 Mars 1945

LYON :         Avions : 40 ; équipages : 39. Météo défavorable. Mission : objectifs à KIRKEL et BAUMHOLDER. 4 flights décollent, commandés par le commandant ROUGET et ne bombardent pas, objectif couvert.

4 mars 1945

LYON :         Avions : 40 ; équipages : 39. Météo : défavorable. Mission : 1ère hypothèse, dépôts à KIRKEL et BAUMHOLDER ; 2e hypothèse, dépôt à DONAUESCHINGEN. 4 flights prévus sous le commandement du colonel CHASSANDE-PATRON. Mission annulée : météo ne laissant aucun espoir de voir les objectifs.

5 mars 1945

LYON :         Avion : 40 ; équipages : 39. Météo : favorable pour le sud. Mission : bombardement de l'entrée du tunnel (région SAN REMO). 4 flights partent et bombardent sous le commandement du colonel CHASSANDE-PATRON. Mission réussie.

6 mars 1945

LYON :         Avions : 41 ; équipages : 41. Météo : défavorable. Mission : 1ère hypothèse, bombardement des dépôts de KIRKEL ; objectif n° 2 dépôt à BAUMHOLDER, région de SAARBRÜCKEN, deuxième hypothèse ; objectif secondaire, dépôt de DONAUESCHINGEN. La mission est annulée par suite des mauvaises conditions météo.

7 mars 1945

LYON :         Avions disponibles : 42 ; équipages : 36. Météo : défavorable. Mission : même mission que le jour précédent. Mission annulée : cause mauvaise conditions météo.

8 mars 1945

LYON :         Avions disponibles : 41 ; équipages : 37. Météo défavorable. Mission : identique à celle du jour précédent.

9 mars 1945

LYON :         Avions disponibles : 41 ; équipages disponibles : 38. Météo : 8/10 à 9/10 couvert avec chance de trous. Mission : objectif principal, dépôt de KIRKEL ; secondaire,  BAUMHOLDER. Chargements : 4 × 1000 livres par avion. La mission part avec 4 flights, sous le commandement du commandant ROUGET. Elle fait demi-tour avant le passage estimé des lignes et se pose avec ses bombes regoupillées.

10 mars 1945

LYON :         Avions disponibles : 42 ; équipages : 39. Météo : prévoyant 10/10 couvert. Mission : objectif principal, dépôt de KIRKEL ; secondaire, dépôt de BAUMHOLDER. La mission est annulée avant la mise en route.

11 mars 1945

LYON :         Avions disponibles : 41 ; équipages : 38. Météo prévoyant 10/10 couvert. Mission : identique à celle du jour précédent. Mission annulée pour cause mauvaises conditions météo.

12 mars 1945

LYON :         Avions disponibles : 40 ; équipages : 38. Météo défavorable. Mission : identique à celle du jour précédent. Mission annulée au moment où le starter allait donner l'ordre de décoller.

13 mars 1945

LYON :         Avions disponibles : 41 ; équipages : 38. Météo défavorable. Mission : identique à celle de la veille. Mission annulée par suite des mauvaises conditions météorologiques.

14 mars 1945

LYON :         Avions disponibles : 40 ; équipages : 38. Météo favorable. Mission : objectif principal, dépôt de KIRKEL ; secondaire, dépôt de BAUMHOLDER. La mission est commandée par le commandant ROUGET. Elle part composée de 4 flights de la 34e escadre, suivis de 4 flights de la 31e escadre. Visibilité excellente : objectif situé en forêt, peu de repères de visée. Mission réussie.

15 mars 1945

LYON :         Avions disponibles : 42 ; équipages : 40. Météo : très favorable. Le colonel commandant la brigade lance l'ordre du jour n° 2 ci-dessous.

               Mission : la mission consiste à appuyer directement les troupeaux sol en leur frayant un chemin à travers la ligne Siegfried dans la région de ZWEIBRÜCKEN [DEUX PONTS].

               Hypothèse n° 1 : attaque de 2 objectifs situés au sud-est de ZWEIBRÜCKEN ou 1 objectif au sud-ouest de cette ville. Hypothèse n° 2 : bombardement du carrefour situé en pleine ville de BAD-DÜRCKHEIM, ouest du Rhin. La mission comprend 2 expéditions : 1ère expédition, commandant STEFF dirigeant 3 flights ; 2e expédition, commandant LAGER, dirigeant 3 flights. Les missions reviennent sans dégâts malgré une flak assez précise mais peu dense. La mission est réussie.

16 mars 1945

LYON :         Avions disponibles : 42 ; équipages : 38. Météo : favorable. Mission : mêmes objectifs que la veille, les zones à viser sont tangentes à celle d'hier. La mission part, commandée par le colonel CHASSANDE-PATRON. Elle est composée de 4 flights seulement. Une autre, sous le commandement du commandant STEFF comprend 3 flights. Mission réussie.

                                      ***

ORDRE DU JOUR N° 2 DU COLONEL BODET COMMANDANT LA BRIGADE DE BOMBARDEMENT N° 11

               1 – L'attaque se déclenche aujourd'hui sur le front de la 7e armée américaine et de la 1e armée française, dans le but de chasser complètement les Allemands de la rive gauche du Rhin, de BINGEN à LAUTERBOURG, après avoir enfoncé de vive force la ligne Siegfried dans sa partie la plus forte.

               2 – La 11e brigade de bombardement participe à cette action en appui direct des forces françaises.

               3 – Le colonel commandant la brigade demande à tout le personnel sous ses ordres un effort particulier, peut-être l'ultime effort de cette guerre.

               Il sait que cet effort durera quelques jours. Il sait qu'il sera prolongé par les difficultés inhérentes au déplacement des unités qui vont laisser la région lyonnaise après quatre mois de stabilité.

               Il sait aussi qu'il ne fait pas appel en vain à l'effort de tous : chefs, équipages, mécaniciens, personnel non navigant. Il leur demande de se donner de tout cœur à la tâche des jours prochains.

               Sa réussite sera une des plus belles pages de gloire de la brigade de bombardement et ils auront le droit d'en être fiers.

               Signé : BODET.

                                      ***

17 mars 1945

LYON :         Avions disponibles : 40 ; équipages : 38. Météo : non favorable, couche continue de stratocumulus. Mission : objectif principal, BAD DÜRKHEIM, destruction de carrefours routiers dans la ville pour embouteiller la circulation routière ; objectif secondaire : gare de NEUSTADT.

               Mission non effectuée, annulée par suite météo défavorable.

18 mars 1945

LYON :         Avions disponibles : 40 ; équipages disponibles : 38. Météo peu favorable. Mission : mêmes objectifs que la veille. La mission comprend 2 expéditions : 1ère expédition, commandant ROUGET, 3 flights ; 2e expédition, commandant BOUYER, 3 flights. L'ennuagement ne permet pas un bombardement précis. La 1ère expédition ramène ses bombes. Dans la 2e, le flight numéro 2 du 1/32 bombarde dans un trou l'objectif principal de BAD DÜRKHEIM.

19 mars 1945

LYON :         Avions disponibles : 42 ; équipages disponibles : 39. Météo : prévoit une nébulosité permettant la visée. Mission : objectifs principaux, destruction de points fortifiés dans la région 1/ de BUDENTHAL, 2/ de REISDORF ; objectif secondaire, gare de LANDAU. La mission décolle en deux expéditions. 1ère expédition, commandant STEFF dirigeant 3 flights, mission réussie. 2e expédition, commandant NICOT dirigeant 2 flights, mission non réussie. Un 6e flight fourni par le 2/52 se joint à une exposition de la 31e escadre et atteint l'objectif prescrit.

20 mars 1945

LYON :         La brigade entière, sous les ordres du colonel BODET, part, défile sur LYON, DIJON. Gênée par le mauvais temps, elle se pose après 3 heures 50 de vol sur un nouveau terrain de SAINT-DIZIER ROBINSON.

21 mars 1945

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 35 ; équipages disponibles : 30. Météo défavorable. Mission : objectif principal, dépôt de munitions région de MANNHEIM ; secondaire, dépôt de munitions à DIEBURG. Éventualité : n'importe quel objectif à l'est du Rhin. La mission décolle à 3 flights sous le commandement du commandant ROUGET. Chaque flight bombarde une des gares de KENZINGEN, STRAMBERG [?] et RIEGEL. Les résultats ne sont pas photographiés, les objectifs étant peu visibles par suite des nuages.

22 mars 1945

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 37 ; équipages : 41. Météo très favorable. Mission : objectif, remblai de voie ferrée à NECKARGERACH. La mission décolle sous le commandement du commandant MICHAUD avec 4 flights. Temps magnifique. Mission réussie.

23 mars 1945

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 38 ; équipages : 40. Météo très favorable. Mission : objectif principal, pont voie ferrée double et routier sur le NECKAR à NECKARGEMÜND. La mission décolle à 4 flights sous le commandement du commandant ROUGET. Le pont est cassé. Mission réussie.

24 mars 1945

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 37 ; équipages : 36. Météo : favorable. Mission : objectif principal, pont voie ferrée à PFORZHEIM. La mission décolle à 3 flights sous les ordres du commandant LAGER.

25 mars 1945

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 38 ; équipages : 41. Météo : objectifs situés zone est d'une dépression centrée sur l'Angleterre, objectif couvert par stratus visibilité bonne. Mission : objectif principal, 2 dépôts à MALSCH, nord-est de RASTATT. La mission décolle à 4 flights sous les ordres du colonel CHASSANDE-PATRON. Mission particulièrement réussie : 2 flights atteignent le but, un ne largue pas ses bombes et un autre bombarde un objectif non prévu, un peu au sud. Un avion du 1/32, commandant d'avion lieutenant SCHUTZ, est manquant, atteint au moteur gauche ; il a pris feu et s'est écrasé au sol à l'entrée sud de BIETIGHEIM.

26 mars 45

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 38 ; équipages : 39. Météo défavorable. Mission : 4 flights prévus. Objectif principal, dépôt et gare de BRUCHSAL ; objectif secondaire, dépôt et gare de PFORZHEIM. Annulée pour cause d'une mauvaise météo, objectifs couverts.

27 mars 1945

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 35 ; équipages : 41. Météo défavorable. Mission : 4 flights prévus. Objectif principal, dépôt et gare de BRUCHSAL. Mission annulée, cause mauvais temps.

28 mars 1945

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 35 ; équipages : 39. Météo défavorable. Mission : n° 1, voie de garage de la gare de HEILBRONN; n° 2 cantonnement de BRUCHSAL. 4 flights. Mission annulée en raison des mauvaises conditions atmosphériques.

29 mars 1945

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 38 ; équipages : 38. Météo : défavorable. Mission : 4 flights. Même mission que la veille. Mission annulée à cause du mauvais temps.

30 mars 1945

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 37 ; équipages : 38. Météo : défavorable. Mission : 4 flights, mêmes objectifs que la veille. Mission annulée à cause du mauvais temps.

31 Mars 1945

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 38 ; équipages : 38. Météo : défavorable, mais quelques possibilités d'effectuer la mission.

               Mission : 4 flights de la 34e doivent attaquer les casernes et ateliers de BÖBLINGEN (objectif 1) ou les dépôts d'ACHERN (objectif 2).

               Exécution de la mission : l'expédition survole la zone de l'objectif mais ne peut bombarder, l'objectif 1 étant couvert (8/10) ; l'objectif n° 2 est également survolé, mais invisible (10/10 couvert). L'expédition rentre sans avoir pu larguer les bombes. La réaction de la DCA dans la région de l'objectif 1 (région de STUTTGART) a été assez violente. Flak précise. Un avion n'est pas rentré et a dû se poser à LUNÉVILLE.

Mois d'avril 1945

1er avril 1945 – Jour de Pâques

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 38 ; équipages : 37. Météo : défavorable. Mission : 4 flights de la 34e escadre doivent attaquer les casernes et ateliers de BÖBLINGEN (objectif 1) les dépôts d'ACHERN. Mission annulée à cause du mauvais temps.

2 avril 1945

Saint-Dizier : I     Avions disponibles : 38 ; équipages : 39.

               II    Météo défavorable.

               III   Missions : attaque par 4 flights de dépôts et casernes à HORB (objectif 1) ou de dépôts à ACHERN (objectif 2). Mission annulée à cause du mauvais temps.

               IV    Cérémonie du drapeau à PARIS. Le drapeau de la 34e escadre est remis solennellement au lieutenant-colonel CHASSANDE-PATRON, commandant l'escadre. Le lieutenant-colonel CHASSANDE-PATRON est chaleureusement applaudi au cours du défilé qui suit la cérémonie.

               V     a) L'avion du 2/52, par suite d'ennuis mécaniques, s'était posé à COLMAR et non à LUNÉVILLE le 31 mars.

                     b) Un avion allemand JU 88 atterrit sur la piste de Saint-Dizier au cours de la nuit du 1er au 2 avril. Le train gauche est fauché à l'atterrissage. Une partie de l'équipage se constitue prisonnier des Américains et déclare : « qu'il en a assez de la guerre ».

3 avril 1945

SAINT-DIZIER : I     Équipages disponibles : 36 ; avions disponibles : 39.

               II    Météo : défavorable.

               III   Mission : attaque par 4 flights du dépôt d'huile de GEISLINGEN (objectif numéro 1) ou de WEISSENHORM. Mission décommandée à cause du mauvais temps.

4 avril 1945

SAINT-DIZIER : I     Avions disponibles : 38 ; équipages disponibles : 40.

               II    Météo : défavorable.

               III   Missions : mêmes objectifs que la veille. La mission, d'abord retardée de 4 heures, est finalement annulées.

5 avril 1945

SAINT-DIZIER : I     Avions disponibles : 40 ; équipages disponibles : 42.

               II    Météo : bonne à SAINT-DIZIER, médiocre sur l'objectif.

               III   Mission : bombardement du dépôt d'huile de GEISLINGEN (objectif numéro 1) ou du dépôt d'huile de WEISSENHORM.

                     4 flights participent à la mission sous les ordres du commandant ROUGET, commandant en second de la 34e. Après un décollage à 20" d'intervalle, impeccable, et le rassemblement habituel au-dessus du terrain, la formation se dirige sur SÉLESTAT, point de rendez-vous avec la chasse, puis sur LANDAU, SPIRE, WIMPFEN, LORCH (PI) où est prise la formation d'attaque (colonne décalée vers la gauche). L'expédition effectue un premier passage mais les nuages qui sont [sur] l'objectif empêchent tout bombardement. Au cours d'un deuxième passage, deux flights seulement peuvent bombarder. Retour par l'itinéraire aller.

                     Les résultats du bombardement ne sont pas brillants : l'objectif est effleuré par les bombes.

6 avril 1945

SAINT-DIZIER : I     Avions disponibles : 37 ; équipages disponibles : 42.

               II    Météo : défavorable.

               III   Mission : même mission que la veille. La mission est décommandée à cause du mauvais temps.

7 avril 1945

SAINT-DIZIER : I     Avions disponibles : 35 ; équipages disponibles : 42.

               II    Météo : défavorable.

               III   Mission : même mission que la veille. La mission est décommandée à cause du mauvais temps.

8 avril 1945

SAINT-DIZIER : I     Avions disponibles : 36 ; équipages disponibles : 44.

               II    Météo : bonne.

               III   5 flights sous les ordres du lieutenant-colonel CHASSANDE-PATRON doivent attaquer les mêmes objectifs : GEISLINGEN et WEISSENHORM, même itinéraire que pour la mission du 5. 2 flights atteignent l'objectif qui est laissé en feu.

                     642 bombes 200 livres et 40 bombes de 500 livres ont été larguées, soit plus de 42 tonnes.

9 avril 1945

SAINT-DIZIER : I     Avions disponibles : 37 ; équipages disponibles : 44.

               II    Météo : bonne.

               III   4 flights sous les ordres du lieutenant-colonel CHASSANDE-PATRON attaquent le dépôt de WEISSENHORM, objectif secondaire des jours précédents. La mission est particulièrement bien réussie. Résultats : 100 %. L'expédition rentre, laissant le dépôt en flammes. 175 bombes de 500 livres ont été larguées, soit 43 t 750.

10 avril 1945

SAINT-DIZIER : I     Avions disponibles : 36 ; équipages disponibles : 44.

               II    Météo : bonne.

               III   72 avions de la 34e escadre et de la 31e escadre sous les ordres du lieutenant-colonel CHASSANDE-PATRON doivent attaquer la région fortifiée de SCHWEINFURT. La 34e escadre fournit 6 flights. Les 3 autres flights sont très gênés par la DCA qui est très active. 7 avions sont touchés mais tous réussissent à rentrer au terrain. Les résultats des avions de la 31e n'ont pu être observés par l'escadre. De toute manière SCHWEINFURT fume.

                     118 bombes 2000 livres ont été larguées sur l'objectif, soit 59 tonnes.

              

Bombardement de SCHWEINFURT

           

Bombardement de SCHWEINFURT

11 avril 1945

SAINT-DIZIER : I     Avions disponibles : 37 ; équipages disponibles : 41.

               II    Météo : bonne.

               III   Mission : 4 flights de la 34e escadre doivent bombarder le dépôt de munitions de STRASS (objectif 1) ou le dépôt d'AALEN (objectif 2). L'expédition est commandée par le commandant STEFF commandant la 2/63.

                     La mission est réussie : deux flights atteignent en plein le dépôt de STRASS, une grosse explosion ressentie par les équipages.

                     138 bombes de 500 livres, soit 47 tonnes, ont été déversées sur l'objectif.

12 avril 1945

SAINT-DIZIER : I     Avions disponibles : 41 ; équipages disponibles : 41.

               II    Météo : défavorable.

               III   Missions : 6 flights de la 34e escadre doivent attaquer, derrière 6 flights de la 31e escadre, le terrain de RESTISSEN (objectif 1) ou le terrain de NEUHAUSEN (objectif 2).

                     La mission est annulée à cause du mauvais temps.

13 avril 1945

SAINT-DIZIER : I     Avions disponibles : 41 ; équipages disponibles : 42.

               II    Météo défavorable.

               III   Mission : 4 flights sous les ordres du commandant ROUGET doivent de nouveau attaquer le dépôt de munitions de STRASS (objectif 1) ou le dépôt de AALEN (objectif 2). La mission est annulée à cause du mauvais temps.

14 avril 1945

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 40 ; équipages disponibles : 42. Météo : brume le matin, beau temps à partir de midi. Mission : attaque de la position de défense sur « Front Atlantique » à VAUX-SUR-MER par 6 flights sous les ordres du lieutenant-colonel CHASSANDE-PATRON. Les objectifs sont atteints : 4 batteries sont détruites, la route de ROYAN – LA TREMBLADE – est coupée. 401 bombes de 260 livres et 120 clusters de 100 livres ont été largués sur les objectifs.

15 avril 1945

SAINT-DIZIER : Avions disponibles 38 ; équipages disponibles : 44. Météo favorable, beau temps.

               Mission

               a) Matin. 2 expéditions de 18 avions chacune ont pour mission de bombarder, la première, des tourelles blindées, la deuxième, des zones de défense, à JAFFE et ROUBE [?] (Front de l'Atlantique).

               La 1ère expédition est commandée par le commandant BIGOT, commandant le G.B. 2/52. Les résultats de 2 flights ne sont pas très brillants, un flight cependant atteint l'objectif.

               La 2e expédition est commandée par le commandant BOUYER commandant le G.B. 1/32. 1 seul flight atteint l'objectif, 75 % de ses bombes sont au but.

               b) Après-midi. 24 avions sous les ordres du lieutenant-colonel CHASSANDE-PATRON doivent bombarder les zones de défense de VAUX.

               La mission décolle mais à peine partie est décommandée en raison des brillants succès obtenus par les bombardements précédents.

               Le matin, les 38 avions avaient largué : 9 bombes de 2000 livres, 41 bombes de 1000 livres.

16 avril 1945

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 36 ; équipages disponibles : 43. Météo favorable.

               Missions : matin, soutenant l'effort demandé pour réduire les poches de ROYAN et de la Plaine POINTE DE GRAVE, l'escadre effectue 2 missions au cours de cette journée.

               Matin. Objectif : canons sur tourelles blindées à LA COUBRE, 2 expéditions de 3 flights chacune (commandant ROUZAUD, commandant BOUYER). Bombardement à 9h10 et 9H20. Malgré la grande difficulté rencontrée par les bombardiers pour identifier les tourelles au milieu des clairières retournées par les bombardements précédents, les résultats sont bons.

               2 flights à 6 [avions] mettent 100 % au but
3 autres flights mettent 75 % au but.

              

Bombardement de LA COUBRE

              

          

Bombardement de LA COUBRE

            

       

Bombardement de LA COUBRE

               Après-midi. Objectif : positions de défense à proximité est du phare de LA COUBRE. Une expédition de 5 flights sous les ordres du lieutenant-colonel CHASSANDE-PATRON attaque à 17 heures 57. Bel objectif pour les bombardiers qui obtiennent de bons résultats sur cette zone, à l'exception du flight n° 5 qui largue beaucoup trop court. Tonnage pour la journée : 6 bombes de 2000 livres, 112 bombes de 1000 livres, 140 bombes de 500 livres, 3 bombes de 100 livres.

17 avril 1945

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 39 ; équipages disponibles : 43. Météo : favorable. Mission : deux missions aujourd'hui, encore pour venir en appui des forces terrestres à la pointe de la courbe. Objectif du matin : batteries lourdes à la pointe de LA COUBRE. La première expédition de 3 flights (commandant BIGOT) attaque les positions E ; les premiers et deuxième flights obtiennent d'assez bons résultats. La deuxième expédition (commandant ROUZAUD) attaque les positions W. 2 flights mettent dans la zone de l'objectif, mais pas de coups directs sur les batteries.

               Objectif de l'après-midi : les batteries constituant les objectifs du matin ont dues être réduites au silence, car l'après-midi les efforts ont porté sur la forteresse du château d'OLÉRON, dont les canons bombardent le continent. 4 flights sous les ordres du lieutenant-colonel commandant l'escadre réalisent une concentration peu ordinaire sur l'objectif. Les constructions doivent être dures car des coups directs sur les bâtiments, observés sur les photos prises après le bombardement, n'ont fait apparemment aucun dégât. On ne sait pas ce qui s'est passé à l'intérieur. Hélas, comme disait le général DE GAULLE, c'est toujours notre pauvre pays qui trinque.

               Tonnage largué pour la journée : 234 bombes de 1000 livres.

               À la suite de ces opérations de l'Atlantique, le colonel BODET lance l'ordre du jour n° 3 suivant.

               I     Le général DOYLE, commandant le 42e Wing m'a adressé le 17 avril le télégramme suivant :

                     Le général en chef des forces terrestres françaises m'a demandé de vous transmettre ainsi qu'à vos unités participantes son appréciation sincère pour l'aide que vous avez fournie en appui aux opérations générales. L'excellent bombardement de vos formations a contribué pour une large part au succès de cette opération. Ayant personnellement observé le bombardement d'aujourd'hui, je tiens à y ajouter mes félicitations.

               II    Je suis particulièrement heureux de transmettre ces félicitations à tout le personnel des escadres sous mes ordres. Au cours des 4 rudes journées de travail ininterrompu, au cours de fatigues énormes et presque sans sommeil, les équipages et le personnel au sol ont fourni un effort remarquable dont l'intensité ne m'a pas échappée. Je les en remercie du fond du cœur et les associe tous au succès obtenu au cours des missions. – Signé : colonel BODET.

18 avril 1945

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 35 ; équipages disponibles : 42. Météo : favorable. Mission : quittant le Front de l'Atlantique où les troupes du général DE LARMINAT terminent le nettoyage des pointes de LA COUBRE, l'escadre va participer à la neutralisation de l'aviation de chasse ennemie sur le terrain. Aujourd'hui, objectif : terrain de RISTISSEN.

               L'expédition, sous les ordres du commandant ROUGET, comprend 6 flights dont 2 à quatre avions. Une concentration peu ordinaire des traînées [trainees ?] est réalisée par nos bombardiers dans la zone répartie [impartie] à l'escadre. Après l'attaque, 6 avions ont été détruits au sol, l'incendie ravage l'objectif. Tonnage largué : 655 bombes clusters de 100 livres soit 66 500 livres.

19 avril 1945

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 35 ; équipages disponibles : 42. Météo : favorable. Mission : 3 flights sous les ordres du commandant ROUZAUD sont chargés d'attaquer un dépôt à DONAUESCHINGEN. Tonnage largué : 63 de 1000 livres = 63 000 livres. Un flight met au but.

20 avril 1945

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 33 ; équipages disponibles : 43. Météo : favorable. Mission : poursuite de l'effort sur les terrains ennemis par l'attaque du terrain de LAUPHEIN. 4 flights sous les ordres du commandant ROUGET. Bombardement à 11 heures 45. L'objectif est laissé en flammes. 5 avions au moins ont été détruits au sol. Bombes larguées : 532 bombes cluster frag. de 100 livres = 53 200 livres.

21 avril 1945

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 33 ; équipages disponibles : 43. Météo : défavorable. Mission : annulée en raison des circonstances atmosphériques.

22 avril 1945

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 36 ; équipages disponibles : 43. Météo : défavorable. La mission prévue est annulée.

23 avril 1945

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 40 ; équipages disponibles : 42. Météo : l'avion météo ne donne aucun espoir de faire la mission. Aussi est-elle annulée.

24 avril 1945

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 41 ; équipages disponibles : 42. Météo : conditions atmosphériques bonnes à SAINT-DIZIER. La mission part, mais les bombes ne sont pas larguées, l'objectif étant 9/10 à 10/10 couvert.

25 avril 1945

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 42 ; équipages : 42. Météo : favorable. La mission d'aujourd'hui comportait l'attaque des dépôts de munitions d'EBENHAUSEN. 6 flights, sous les ordres du colonel CHASSANDE-PATRON, attaquent 30 minutes après la 31e escadre et font sauter ce qui reste du dépôt. De très belles photos sont rapportées par les équipages.

               Tonnage largué : 492 bombes de 250 livres = 123 000 livres.

ORDRE GÉNÉRAL DE MONSIEUR LE MINISTRE DE L'AIR
en date du 25 avril 1945

               Le ministre de l'air est heureux d'adresser ses félicitations aux formations aériennes qui ont participé à la libération définitive des poches de ROYAN et de la POINTE DE GRAVE, contribuant ainsi à la brillante victoire qui rend à la France une partie de son territoire et l'accès du grand port de commerce de BORDEAUX.

               La phase préparatoire de la bataille fut marquée par des reconnaissances effectuées malgré les feux d'une artillerie antiaérienne intense et précise, reconnaissances au cours desquelles fut percée à jour toute l'organisation défensive de l'ennemi. Le commandement français fut ainsi mis en mesure de préparer son plan de bataille avec une parfaite connaissance des possibilités ennemies.

               Dans la phase préliminaire des opérations, avec l'appui massif de l'aviation alliée, nos aviateurs, bombardiers lourds, bombardiers moyens, bombardiers en piqué, chasseurs-bombardiers, ont déployé tout leur courage et toute leur science pour écraser de leurs bombes de gros calibre les ouvrages ennemis souvent protégés par trois ou quatre mètres de béton. Au cours même des opérations, l'aviation a exercé son appui de la façon la plus précise et la plus efficace. Agissant avec toutes ses armes, elle a attaqué pas à pas, immédiatement devant les troupes et en liaison intime avec elle, tous les obstacles qui s'opposaient à leur progression. Véritable artillerie d'appui direct, elle a été l'élément le plus souple, le plus précis et le plus effectif de la progression des troupes. L'ennemi fut écrasé au cours de ces quelques journées sous 10 000 tonnes de bombes. Ce chiffre, de beaucoup supérieur au tonnage que l'artillerie la plus puissante aurait pu déverser dans le même temps, marque à lui seul la volonté combative, l'énergie, le mépris du danger, déployés par les équipages dont les pertes furent d'ailleurs sensibles.

               Signé : TILLON.

26 avril 1945

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 41 ; équipages disponibles : 42. La mission prévue a été annulée ; on a bien fait, car les autres escadres du 42e Wing sont revenues avec leurs bombes, après avoir essuyé le feu des chasseurs à réaction ennemis. Depuis quelques temps en effet ont "briffe" sans arrêt les mitrailleurs. Les chasseurs opérationnels sont 300, paraît-il, dans la région de MUNICH et il semble que le commandement allemand ne veuille plus économiser ni personnel, ni matériel. C'est ainsi que le 17e groupe a eu 2 avions abattus le 17, 2 le 24, et 4 aujourd'hui, contre 5 Boches descendus ce jour par les mitrailleurs qui ont déjoué la tactique des "jets".

27 avril 1945

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 42 ; équipages : 45. Météo : une fois encore l'avion météo envoi de mauvais message. La mission est annulée. Les avions étant prêts à mettre "la sauce".

28 avril 1945

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 42 ; équipages : 42. Météo : conditions atmosphériques défavorables à l'exécution des missions (giboulées d'avril).

29 avril 1945

Saint-Dizier : Avions disponibles : 41 ; équipages : 41. L'escadre est non "operational".

30 avril 1945

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 41 ; équipages : 41. La mission prévue pour le matin sur les positions des batteries de l'île d'OLÉRON a été annulée. Même objectif pour l'après-midi. Mais les renseignements donnés par l'avion météo provoquent le rappel des deux expéditions.

Mois de mai 1945

1er mai 1945

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 41 ; équipages : 41. Une période de mauvais temps qui dure depuis quelques jours va entraver les dernières activités que pouvait avoir l'escadre ; de plus, l'avance foudroyante des troupes alliées, suivie avec passion sur la carte du 2e bureau, semble également être la cause de l'annulation des missions. Aujourd'hui l'objectif était un dépôt de munitions à HOHENBRUNN.

2 mai 1945

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 45 ; équipages : 42. Objectif : dépôt de munitions à SALZBOURG. Mission annulée en raison des mauvaises conditions atmosphériques.

3 mai 1945

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 45 ; équipages : 43. Escadre est non operational.

4 mai 1945

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 44 ; équipages disponibles : 42. La brigade fait savoir qu'il n'y a pas d'opérations prévues pour cette journée. On sent que la fin approche. Il n'y a plus guère de place sur la carte pour aller bombarder.

5 mai 1945

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 43 ; équipages : 39. L'histoire racontera ces dernières journées de guerre sur le front européen et en particulier le déroulement des paragraphes d'armistice ou plus exactement de la reddition de l'Allemagne. En effet, nous n'avons guère de précision sur les bruits qui circulent. Quoi qu'il en soit, les ordres sont donnés pour l'astiquage en prévision du grand défilé qui doit avoir lieu dans la grande artère de SAINT-DIZIER, 3 heures après la proclamation du jour "V".

6 mai 1945

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 45 ; équipages : 38. Pas d'opérations prévues, fièvre en l'attente du jour "V". Le colonel CHASSANDE revient des pays occupés en Allemagne par la 1ère armée française. Il ne sait comment dépeindre les dévastations des grandes villes qu'il a traversées dans la vallée du NECKAR, du Rhin, de la ligne Siegfried.

7 mai 1945

SAINT-DIZIER : Fièvre, l'annonce du jour "V" est imminente.

8 mai 1945

SAINT-DIZIER : JOUR "V"

               L'Allemagne vaincue signe par la plume de Von Keitel sa reddition sans condition aux alliés, Anglais, Américains, Russes et Français. La séance historique se déroule à REIMS ce jour à 2 heures 41. Ce jour sera marqué à l'escadre, le matin, par une prise d'armes pour remise de la croix de la Légion d'Honneur aux commandants MICHAUD et ROUZAUD. L'après-midi, un grand défilé des troupes de la brigade, présentées par le lieutenant-colonel CHASSANDE-PATRON, et des troupes américaines a lieu sur la place de SAINT-DIZIER. Les rues sont pavoisées aux trois couleurs et aux couleurs alliées. Mais la population, peu habituée à un tel déploiement de troupes, est peu fervente dans ses acclamations. Est-ce timidité ? Indifférence après tant d'années de contraintes et de renoncements ? La cérémonie se termine au Monument aux Morts. Discours, dépôt de gerbe et appel des disparus. Le soir réjouissances populaires, à l'échelle de SAINT-DIZIER hélas ou des différents cantonnements des groupes. On aurait aimé se trouver à PARIS, d'où les nouvelles arrivent toutes chargées de la liesse des Grands Boulevards, mais… le 3e bureau, il faut mettre au point le défilé aérien qui doit avoir lieu sur PARIS.

9 mai 1945

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 44 ; équipages : 39. 36 avions de l'escadre participent au défilé aérien sur PARIS qui a lieu à 18 heures, à l'instant où le général De Gaulle ranime la flamme au Tombeau de l'Inconnu. Le groupe BRETAGNE défile en formation de croix de Lorraine, suivi de 2 formations de 5 flights en colonne. La présentation est impeccablement réussie. À bord des avions, on entend la présentation radio diffusée du défilé, faite au sol par le général PIOLET, chef du cabinet militaire du ministre de l'air, dont copie ci-jointe ci-dessous.

                                      ***

               Les avions cocarde tricolore qui nous survolent en ce moment sont les Marauders de la 11e Brigade de Bombardement Moyen français. La 11e brigade est formée des 31e escadre (groupe BRETAGNE, GASCOGNE, MAROC) et 34e escadres (groupe FRANCHE-COMTÉ, BOURGOGNE, SÉNÉGAL). Le groupe BRETAGNE est formé en mars 1941 en Afrique Équatoriale. Il a préparé et appuyé de bout en bout l'épopée africaine de l'armée LECLERC, depuis le Tchad jusqu'à la Tunisie. Avec les groupes MAROC et GASCOGNE, il constitue en 1944 la 31e escadre. Elle participe, de ses bases de Sardaigne, à la bataille d'Italie qui conduit les forces alliées, et parmi celles-ci l'armée française du général JUIN, de CASSINO à FLORENCE. Rejointe en Sardaigne par la 34e escadre, elle assure avec elle l'appui du débarquement de la 1ère Armée Française sur les côtes de Provence et, dès lors, la Brigade de Bombardement basée en France ne cessera d'appuyer les forces françaises à l'est comme à l'ouest avec une efficacité et une précision qui lui ont mérité les félicitations du commandement français et du commandement allié, dans une longue liste de bombardements remarquables.

               Il faut citer : le 12 juin 1944, premier jour de l'offensive de CASSINO, l'anéantissement du poste de commandement de la division de para-troupes à CASTROCIELO. En juillet 1944, la participation à la destruction de la rocade du Po au cours de laquelle le Wing, auquel appartient la brigade française, brise en 72 heures 22 ponts importants sur la principale voie de communication nazie en Italie.

               En août 1944 : l'attaque des défenses de TOULON, au cours de laquelle la brigade perd 2 avions, cependant que tous les appareils participants à l'opération sont endommagés par une flak intense et ajustée.

               Les attaques des 15 et 16 mars 1945 sur la ligne Siegfried : la brigade en coopération avec le 42e Wing américain déverse sur les objectifs qui lui sont assignés 5000 bombes, frayant un large chemin à la progression des forces terrestres. La destruction des usines de munitions de LA SPEZIA en juillet 1944 et d'EBENHAUSEN en avril 1945 où, chaque fois, les bombardiers sont secoués par la déflagration dont les fumées les rejoignent à plus de 9000 pieds.

               Enfin, le 17 avril 1945, la brigade se voit confier la mission particulièrement difficile de détruire la forteresse d'OLÉRON en évitant à tout prix la petite ville qui en est jointive et dont les habitants n'ont pas été évacués. Bombardement à 100 % d'efficacité, aucune des 100 bombes larguées ne tombant en dehors du périmètre de la citadelle.

               Au cours de toutes ces actions, menées en plein jour et à une altitude d'environ 3000 mètres, nos bombardiers ont eu à subir les actions de défense antiaérienne violente, souvent massive et toujours précise. Beaucoup d'équipages ont été atteints, tous sont allés du même cœur au risque connu et celui-ci n'a jamais influé sur l'exécution impeccable de la mission reçue.

               Dans le ciel de PARIS, ils sont aujourd'hui les représentants de tous les groupes aux cocardes tricolores qui, comme eux, bombardiers ou chasseurs, aviateurs de la reconnaissance ou parachutistes dans les ciels d'Afrique, d'Italie, de Russie, d'Angleterre, dans tous les ciels de guerre du monde ont été à la peine.

               Qu'avec eux tous soient à l'honneur, que vers eux tous montrent votre gratitude pour les efforts et leur sacrifice, votre fierté pour la gloire nouvelle qu'ils ont apportée à nos cocardes, à notre Armée de l'Air, à la France.

                                      ***

               Malheureusement, l'exaltation que procurent ces deux belles journées tombe rapidement. Il y a interdiction de vol...???

10 mai 1945

SAINT-DIZIER : Retour au calme qui est plus que complet, puisque même le départ des liaisons de permissionnaires sur l'A.F.N. est suspendu. Il faut aller très haut pour obtenir les autorisations… paraît-il. Pour nous consoler les félicitations arrivent pour le défilé aérien d'hier.

11 mai 1945

SAINT-DIZIER : Enfin, on va peut-être avoir du travail dans le transport. En effet, après avoir eu quelques jours de déception par l'interdiction de vol, l'escadre doit mettre 36 avions en ligne en prévision de transport de personnel. Les voyages comporteront, précisent les ordres, une traversée maritime.

12 mai 1945

SAINT-DIZIER : Avions disponibles : 47 ; équipages disponibles : 39. 6 flights partent de grand matin sur COGNAC pour transporter du personnel sur l'A.F.N.

13 mai 1945

SAINT-DIZIER : Les allers et retours sur la Méditerranée se poursuivent, mais le rendement de l'opération est bien maigre, les avions sont… vides au retour !!!

14 mai 1945

SAINT-DIZIER : Stationnement à ISTRES des avions de l'escadre.

15 mai 1945

SAINT-DIZIER : Le bilan du travail est effectué pendant ces quatre jours se présente de la façon suivante :

               Nombre de traversées : aller 65, retour 65.
Passagers transportés : aller 697, retour 131.
Fret transporté : aller 13 900 kg, retour 4400 kg !

               Les équipages n'ont pas eu à se féliciter des organisations de nos bases, les moyens en ravitaillement de toute nature étant partout insuffisants.

16 mai 1945

SAINT-DIZIER : Retour au calme, pas d'opération.

17 mai 1945, 18 mai 1945, 19 mai 1945

SAINT-DIZIER : Rien à signaler.

20 mai 1945, 21 mai 1945

SAINT-DIZIER : Quartier libre pour la Pentecôte. Calme complet, on n'y était plus habitué.

22 mai 1945, 23 mai 1945, 24 mai 1945

SAINT-DIZIER : Rien à signaler.

25 mai 1945

SAINT-DIZIER : Le colonel commandant l'escadre part en mission de rapatriement de prisonniers en Allemagne. Atterrissage à LINZ en Autriche. Les officiers de l'Air qui doivent être rapatriés sont déjà revenus. L'avion ramènera pourtant 11 officiers de l'Armée de Terre. Visite en 24 heures à SALZBOURG et BERCHTESGADEN.

26 mai 1945, 27 mai 1945, 28 mai 1945

SAINT-DIZIER : Rien à signaler.

29 mai 1945

SAINT-DIZIER : Le général DOYLE, commandant le 42e Wing, doit venir ce jour faire ses adieux à la brigade et remettre les insignes de spécialités américaines au personnel navigant. Une prise d'armes réunissant tous les équipages, plus une compagnie d'honneur par escadre, a lieu sur le run-way nord-sud du terrain. À 13 heures 30 est terminée la mise en place. Le temps menaçant depuis le matin ne permettra pas l'arrivée de l'avion du général DOYLE. La cérémonie est décommandée, alors que les averses commencent depuis 20' à nous rafraîchir.

30 mai 1945, 31 mai 1945

SAINT-DIZIER : Rien à signaler.

Citation obtenue par la 34e escadre de bombardement

               Citation à l'ordre de l'armée aérienne
Décision 826 du 12-6-45

               Sous le commandement du colonel BODET, réunissant la 31e escadre commandée par le commandant de MARICOURT et la 34e escadre commandée par le lieutenant-colonel CHASSANDE-PATRON, a, au cours de l'hiver 1944 et du printemps 1945, pris une part des plus actives à la préparation et à l'appui des offensives alliées en Alsace, en Rhénanie et dans le Palatinat.

               Ces brillantes actions, la précision et l'efficacité de ses tirs, lui ont valu à maintes reprises les félicitations du commandement des troupes terrestres et l'hommage du commandement aérien allié.

               Première grande unité aérienne réengagée, a su montrer que l'aviation française n'avait perdu aucune de ses qualités guerrières et était digne à la fois du glorieux passé des formations de bombardement de 1914–1918 dont elle est l'unité de tradition, et des unités du 42e Wing américain au côté duquel elle était engagée et qu'elle a réussi à égaler par la précision et la concentration de ses tirs et la valeur des résultats obtenus.

               S'est illustrée en particulier en détruisant :

-           le 22 février 1945, lors de l'attaque des voies de communication allemande, huit stations de chemin de fer ;

-           le 28 février 1945, les usines d'EMMENDINGEN ;

-           le 16 mars 1945, les fortifications de la ligne Siegfried, ouvrant ainsi la porte du Palatinat aux forces terrestres alliées ;

-           le 9 avril 1945, les dépôts d'essence de WEISSENHORM ;

-           les 14,15, 16,17 avril 1945, les fortifications allemandes de la région de ROYAN, de LA COUBRE et d'OLÉRON, en exécutant dans une même journée jusqu'à 130 sorties ;

-           le 25 avril, les dépôts de munitions d'EBENHAUSEN.

               Durant cette période, a effectué près de 2800 sorties et 11 350 heures de vol de guerre et lancé plus de 3600 tonnes de bombes, malgré une défense aérienne dense et redoutablement précise, qui a descendu 9 avions et en a endommagé 200 autres.

Allocution du colonel BONET

               Prononcée à MENGEN le 7 avril 1946 par le colonel BODET, commandant le Brigade de Bombardement Moyen.

               Monsieur le Ministre,

               C'est avec un mélange de fierté et de tristesse que nous vous rendons les honneurs aujourd'hui sur notre terrain de MENGEN, en Allemagne occupée.

               De fierté, parce que nous sommes sensibles à l'honneur qui nous est fait de recevoir le Ministre des Armées, entouré des chefs les plus éminents des Armées de Terre et de l'Air, sur cette base, qui est nôtre depuis sept mois et où notre présence matérialisait la victoire française. Et parce qu'aussi nous avons conscience d'avoir, dans la guerre comme dans l'après-guerre, bien rempli notre devoir de français et d'aviateurs. Et nous considérons votre venue parmi nous comme le témoignage de la sollicitude et de la compréhension du gouvernement pour ses bons serviteurs.

               De tristesse aussi, parce que cette ultime cérémonie marque la fin de cette grande et belle unité que fut et est restée jusqu'à ce jour la 11e Brigade de Bombardement Moyen, qui disparaît maintenant de notre Armée de l'Air, suprême sacrifice à notre pays ruiné mais vainqueur. Puisse du moins ce sacrifice, qui nous coûte tant, assurer à notre Patrie et à notre Armée de l'Air les lendemains qu'elle mérite.

                                      ***

               11e Brigade de Bombardement Moyen.

               Je n'ai point le temps de refaire ici l'historique détaillé de cette grande unité, composée de six groupes venus de tous les points de l'horizon africain après novembre 1942. J'en énumère seulement les étapes.

               C'est d'abord l'entraînement en école américaine, à TELERGMA, puis VILLACIDRO et les champs de bataille d'Italie. C'est ensuite le débarquement en France où, à Toulon, un équipage du 2/52 descendu par la DCA réalise un exploit de légende.

               C'est ISTRES, où le personnel met pour la première fois depuis longtemps le pied sur le sol natal. Et puis, c'est LYON, avec son hiver rigoureux, ses neiges et ses brouillards ; avec les objectifs sanglants que sont les ponts du Rhin, où nous perdons les meilleurs d'entre nous. Et puis, c'est SAINT-DIZIER, les ultimes missions, la victoire.

               Le repos, alors ? Non. À peine les trappes de nos Marauders s'étaient-elles refermées sur les dernières bombes larguées, que la brigade allait connaître une activité nouvelle, moins glorieuse, certes, mais infiniment plus humaine. Employée en transport de troupes, puis au rapatriement des prisonniers, de démobilisés et de familles, une partie de son activité a été jusqu'à ce jour régulièrement consacrée à ces tâches.

               Quelques chiffres, Monsieur le Ministre, matérialisent les résultats obtenus, au prix d'efforts difficilement mesurables, peut-être, mais qu'en tant que chef, j'ai le devoir et le droit de juger souvent surhumains, et au prix hélas de sacrifices irréparables :

-           270 missions de guerre en 5 000 sorties ;

-           7 000 tonnes de bombes lancées ;

-           14 avions perdus, descendus par l'ennemi ;

-           425 avions endommagés ;

-           trois victoires aériennes ;

-           65 000 personnes transportées entre la France et l'Afrique du Nord, ainsi que 2 600 tonnes de matériel de toute nature en 5 000 sorties.

               Ces chiffres se passent de commentaires.

               Dans leur sécheresse, il faut se rendre compte de l'effort caché qu'il renferme, non seulement de la part des équipages, mais aussi, et je dirais presque surtout, de la part du personnel au sol, des mécaniciens notamment, que je tiens à associer comme ils le méritent à la gloire de nos ailes.

               Là encore, quelques chiffres parlent mieux que tout discours. Je les extrais d'une lettre de félicitations du général DOYLE, commandant le 42e Wing américain, sous les ordres duquel la brigade était engagée pendant la guerre : « Pendant le mois d'avril 1945, les escadres ont eu un pourcentage de 80 % d'avion "operational" ; en même temps les retours prématurés étaient devenus très rares, 1,65 % pour la 31e escadre et 1,26 % pour la 34e escadre. » Que nos mécaniciens, que le personnel du Secteur de l'Air n° 1 soient fiers des résultats obtenus. Ils sont leur œuvre pour une grande part.

               Quant au personnel navigant, qu'il me suffise de rappeler qu'en mars et avril 1945 les pourcentages d'efficacité des bombardements de la 31e escadre dépassaient ceux des escadres américaines du même Wing et que ceux de la 34e escadre égalaient la meilleure.

               Tel est l'œuvre accomplie, Monsieur le ministre :

               1°/   par les unités qui disparaissent,

-           l'État-Major de la 34e escadre, aux deux magnifiques citations, l'ancienne escadre de Paris,

-           le groupe "MAROC" 1/22, aux 4 citations, titulaire de la fourragère aux couleurs de la Médaille Militaire,

-           le groupe "GASCOGNE" 1/19, aux deux citations,

-           le groupe "BOURGOGNE" aux deux citations et à qui vous avez remis tout à l'heure la fourragère aux couleurs de la Croix de Guerre,

-           le groupe 2/63 "SÉNÉGAL", ancien groupe prestigieux du vieux 37e Régiment d'Aviation, si cher aux vieux Marocains et qui orne son fanion de la double fourragère des T.O.E. et de la guerre 1939-1945 ;

               2°/   et par les unités qui demeurent, transformées en transport,

-     l'État-Major de la 31e escadre, aux quatre citations,

-     le groupe 2/20 "BRETAGNE", formé en Afrique Équatoriale par les Forces Françaises Libres, titulaire de 5 citations et de la fourragère aux couleurs de la Légion d'Honneur,

-     le groupe 2/52, "FRANCHE-COMTÉ", titulaire de deux citations et glorieux héritier du groupe de reconnaissance de la guerre 1939-1940.

                                      ***

               Mes chers camarades.

               Officiers, sous-officiers et soldats des unités de la 11e Brigade de Bombardement, le destin va vous disperser un peu partout. Je tiens à vous remercier du fond du cœur de tous les efforts fournis par vous au cours de cette dure mais glorieuse période.

               Par dessous tout, je tiens à vous remercier de cet esprit de corps et de camaraderie dont vous avez toujours fait preuve. Gardez-le jalousement. Où que vous alliez, maintenez-le vivant. C'est celui de tous vos anciens du bombardement de jour de la guerre 1914–1918. C'est celui qu'il faudra à nouveau donner demain aux jeunes qui entreront dans la carrière et qui connaîtront, nous voulons le souhaiter, une Armée de l'Air plus grande et plus forte dans un pays reconstruit.

               Cet esprit de corps, notre seule richesse actuelle, je vous en fais des dépositaires pour les aviateurs de demain.

               Et surtout, qu'aux heures de tristesse et de doute, lorsque l'homme a besoin de se raccrocher à quelque chose de solide, vous trouviez en lui et dans la camaraderie qui est vôtre, la force de vous reprendre et de travailler à nouveau de tout cœur pour le pays et pour l'Armée de l'Air.

                                      ***

               Et vous, chers "MARAUDERS", bons et fidèles outils confiés à de bons ouvriers, vous, à qui beaucoup d'entre nous doivent d'être encore en vie aujourd'hui, ce n'est pas sans regret que nous vous abandonnons à un sort incertain.

               Vous avez été pour une grande part dans la constitution de cet esprit de corps que je magnifiais tout à l'heure. Nous vous en remercions, car nous vous aimons bien, nous qui connaissons toutes vos qualités !

                                      ***

               Et maintenant, il faut nous séparer, aller là où le devoir nous appelle. Auparavant, profitons de cette dernière réunion sous les armes pour rendre à nos camarades disparus dans la bataille ou tombés à leur poste en service commandé le suprême hommage de ceux qui ne les oublient pas.

              

Messages de félicitations

               Messages de félicitations de Monsieur le Ministre des Armées et du général BOUSCAT chef d'état-major général de l'Armée de l'Air adressés à la 34e escadre, à la suite de la cérémonie du 7 avril 1946 organisée en l'honneur de la dissolution de cette unité.

               Par message n° 418/3/DIVAR 1ère DA communique : Par message n° 2001/EMGA/CAB : EMGA transmet citation suivante – Stop – Vous prie d'adresser mes compliments pour l'organisation des cérémonies qui se sont déroulées à FRIEDRICHSHAFEN et à MENGEN – Stop – Féliciter tout particulièrement les commandants d'unité pour la tenue de la troupe qui par sa présentation a fait honneur à l'Armée de l'Air – FIN –
Signé : Général BOUSCAT.

               Par message n° 8868 DU 9/4/46 le Ministre des Armées communique citation suivante : Vous prie de transmettre mes félicitations aux officiers, sous-officiers, caporaux et soldats de la 11e Brigade de Bombardement Moyen pour leur belle tenue et pour l'impeccable présentation de leur matériel au moment où cette unité va être dissoute.
Je m'incline devant vos drapeaux chargés de gloire.
FIN